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Yvan Boréal et sa forêt !

Pour enfants de tous âges à l'occasion du Jour de la Terre du 22 avril

Article mis en ligne le 22 avril 2009 à 8:51
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Yvan Boréal et sa forêt !
Pour enfants de tous âges à l'occasion du Jour de la Terre du 22 avril
Salut vous-autres! Je m'appelle Yvan Boréal. On m'a donné ce surnom parce que je travaille dans notre belle forêt boréale. J’en ai coupé des arbres ces derniers temps et j’avais besoin de prendre une pause. C’est pour ça que j’suis venu vous faire la jasette. Vous savez je fais un drôle de métier. Parce qu’en tant que forestier, j'dois couper des arbres, mais les arbres j' les respecte. Alors vous allez me dire pourquoi je les coupe ? Eh! ben, j’vais vous répondre tout simplement qu’il faut que j’gagne ma vie. C’est le seul métier que je sais faire! Je suis pas allé à l'école ben longtemps, mais ça m'empêche pas d'avoir l`intelligence qui faut pour protéger, à ma façon, notre belle nature.

Donc, comme j’aime les arbres, j’prends soin de ne pas en couper de façon exagérée. Même si mes patrons, pour qui j’travaille, voudraient que j’en coupe pas mal plus. Mes patrons font la grosse passe avec le bois qu’ils vendent partout dans le monde. Donc de grosses usines transforment les arbres que j’coupe. Mais je ne suis pas ici pour vous parler des usines. Je suis venu vous parler de la forêt, soit mon lieu de travail et de vie. Ben oui, j’me suis construit une belle maison en bois rond et qui sent tellement bon mes amis. Voyez-vous, j’ai transformé moi-même le bois que je coupe pour en faire ma demeure. Et savez-vous qui j’ai comme voisin le plus proche : un lac. Donc je me suis construit une belle chaloupe pour aller pêcher. Et pis j’suis bien sur mon lac, pas de bruit de moteurs. Donc, je vis dans la tranquillité de la nature au cœur de la forêt. Et j’dois vous dire que j’ai même pas besoin de mon gros 4x4 pour aller au chantier, car j’travaille à dix minutes de marche. D'ailleurs mon gros char va prendre le bord bientôt. Ça pollue ça, mes amis.

L'autre jour, comme j’allais justement travailler à couper des arbres un peu plus loin que d’habitude, à environ trente minutes de marche, j’ai entendu comme des cris bizarres. Alors j’me suis approché pour savoir qui poussait ces cris là. Donc j’trouve la place et en arrivant qu’est-ce que j’ vois? J’vois une centaine d’Amérindiens qui s’étaient attachés à des arbres en faisant des cris incantatoires de lamentations. On aurait dit que c’était une prière qu’ils envoyaient à leurs dieux. C’était un spectacle assez triste. En fait, c’était une sorte de chanson qu’ils faisaient en hommage à la beauté de la nature. Comme un espèce d' hymne adressé aux arbres.

Les Amérindiens s’étaient attachés autour des arbres et voulaient démontrer qu’il fallait à tout prix les sauvegarder. Alors je me suis approché d’eux et je suis allé voir leur chef qui se nomme Grosse Plume d’Aigle. Le chef parle notre langue et ensemble on a parlé de la forêt. Il s'est dit inquiet lui et sa tribu de la façon avec laquelle on coupait les arbres. Aussi il m’a dit que si ça continuait au même train, la forêt allait disparaître de même que les espèces d’animaux qui y habitent. Alors, y' a ajouté aussi que sa tribu allait défendre les arbres si on continuait à raser de façon exagérée. Je lui ai dit que j’irais rencontrer mes patrons et que j’allais les convaincre de ralentir la coupe.

Et en signe d’amitié, Grosse Plume d’Aigle m’a offert une magnifique sculpture de bois représentant un des oiseaux vivants encore dans cette forêt. Nous nous sommes salués et je suis reparti très songeur à mon travail, en me disant qu’il fallait absolument faire quelque chose pour convaincre mes patrons de faire dans la modération. Y m'aimeront pas ben ben. Faudrait pas je perde mon emploi après tout. Mais si c' est pas moi qui le fait, qui le fera me dis-je ? Bon, et ben vous allez m’excuser mais j’dois retourner tranquillement dans ma belle forêt, question de m'aider à réfléchir à la situation. J’vous dis à une prochaine.
Yvan Giguère, l'auteur est fondateur de la Journée de l'Hymne au printemps et du Concours national de paroliers

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