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Le «ramoneur des pauvres» honoré

Inauguration de la Maison Luc-André-Godbout

Véronique Demers par Véronique Demers
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Article mis en ligne le 10 avril 2009 à 11:02
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Le «ramoneur des pauvres» honoré
Agnès Maltais, députée du comté de Taschereau du Parti Québécois, Nicol Tremblay, président du conseil d'administration du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur et Christiane Gagnon, députée de Québec du Bloc Québécois. (Photos Véronique Demers)
Le «ramoneur des pauvres» honoré
Inauguration de la Maison Luc-André-Godbout
Une pluie d'hommages a afflué dans la salle principale de la Maison Luc-André-Godbout au 301, rue Carillon, inaugurée le 9 avril dernier.
Cet honneur posthume a été rendu à cet homme qui a dédié sa vie aux pauvres de Québec. Les bons mots et témoignages touchants à l'égard de Luc-André Godbout (1933-2004), orphelin et sans éducation particulière ont déferlé lors de ce 5 à 7.
Louise Fortin, membre du Comité au début des années 1970, l'a surnommé «Don Quichotte». «Mais ce n'était pas péjoratif. (…) C'était un homme généreux, utopiste et rêveur, un redresseur de torts qui me parlait de la pauvreté.»

Michel Desrochers a dit s'être amusé à entendre les nombreuses histoires de Luc-André. «Après plusieurs versions, on finissait par distinguer ce qui était vrai et les autres éléments moins vrais», a-t-il dit.

Paul-André Blanchet, un ami de Luc-André, a témoigné, avec émotion: «Il n'avait pas de famille, à peu près pas d'instruction. Avec ce petit capital reçu, ça ne me rentre pas dans la tête comment il en est arrivé là.»

André Gaulin a ajouté que Luc-André «aurait eu toutes les raisons du monde pour être aigri, mais il a donné à ceux qu'il aimait».

Pendant plusieurs années, Luc-André Godbout a dépanné les gens dans le besoin en réparant des systèmes à l'huile ou en les déménageant. Il a reçu une formation de mécanicien de M. Godbout, son père adoptif.

La députée du comté de Taschereau du Parti Québécois, Agnès Maltais, a avoué avoir été une cliente de Luc-André, il y a plusieurs années. «Quand j'étais dans la troupe de théâtre les Folles Alliées, on avait une annexe à l'huile, mais pas beaucoup de budget. Luc-André est venu nous dépanner. On a eu un «cours», il était vraiment pro-culture. Plus tard, j'ai pu lui donner un coup de pouce», a-t-elle commenté.

La députée de Québec du Bloc Québécois, Christiane Gagnon, a souligné sa grandeur d'âme. «C'était un être entier, plein de sagesse et de bonté. Son parcours sort de l'ordinaire.»
40 ans de lutte populaire
Les membres du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) ont profité de cette soirée pour dévoiler le contenu des fêtes entourant les 40 ans du comité. Le président du conseil d'administration du CCCQSS, Nicol Tremblay, a souligné qu'il y a eu «40 ans de lutte, d'apprentissage, mais aussi 40 ans de transmission de valeurs».
Saint-Sauveur en fleurs et Saint-Sauveur en fête reviendront au programme. L'événement Saint-Sauveur en fleurs sera bonifié de visites guidées à saveur historique. Au début 2010, Hubert Fortin, un ancien militant, procédera au lancement de son livre.

Le coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) François Saillant a précisé que le CCCQSS est le seul organisme à en être membre depuis 30 ans. «Avant d'être à Montréal au FRAPRU, j'ai connu Ti-Dré pendant 10 ans à Québec. J'ai partagé un bureau avec lui; c'était tout un personnage», a-t-il commenté.

(Photos Véronique Demers)

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