Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Indignation dorée…

Frédérick Masson par Frédérick Masson
Voir tous les articles de Frédérick Masson
Article mis en ligne le 3 avril 2009 à 10:13
Soyez le premier à commenter cet article
Indignation dorée…
Dimanche après-midi, aux alentours de 14 h. Ma copine et moi profitons du beau temps pour déambuler tout bonnement dans les rues de Québec, à l'occasion de ce qui se voulait notre première vraie ballade du printemps. Les boutiques étaient plus invitantes que jamais, les cafés transpiraient l'odeur du grain fraîchement moulu et les galeries d'art dévoilaient leurs plus belles couleurs.
Le temps des sucres battant son plein, nous croisons sur notre route une de ces nombreuses «cabanes à sucre» ambulantes, où la tire sur la neige et les cornets de beurre d'érable sont à l'honneur. Étant amateurs, nous décidons d'investir dans notre bonheur dominical en nous offrant une lichette sucrée. Après avoir déboursé une poignée de sesterces, soit presque l'équivalent du prix d'un pot de tire entier dans n'importe quel supermarché, nous avons entre les mains le précieux bâtonnet de bois et attendons impatiemment le moment où nous pourrons nous coller les doigts.

C'est à ce moment qu'est apparue celle qui allait gâcher ce doux moment d'allégresse. Droit sortie d'on ne sait où, voilà qu'une acéricultrice bon marché, qui n'avait pour qualification que sa chemise à carreaux et son disque de musique traditionnelle, se pointe avec à la main un pichet à l'allure douteuse contenant une substance brunâtre qui n'avait rien à voir, même de l'œil d'un pur néophyte, avec le sirop d'érable qui a fait la fierté de nos ancêtres et de ceux qui les ont succédé. Avec une délicatesse repoussante, le coulis couleur mélasse a été étendu sur la neige, qui devenait du même coup plus appétissante que le ruisseau pétrolier en raison de sa blancheur accrue.

Dans un geste de quasi-désespoir, nous nous sommes risqués à enrouler le tout sur notre bâton à Pogo géant avant de faire quelques pas en arrière pour tester le tout. Et franchement, l'opinion du départ s'est confirmé aussi rapidement que se dissolvaient les grumeaux contenus dans la mixture. Des grumeaux visibles à l'œil nu, bien figés dans une tire conçue à base d'un sirop datant assurément de plusieurs mois.

Bien que ma première réaction aurait pu être de m'insurger et d'aller exprimer mon indignation à la principale intéressée, j'ai plutôt ressenti un profond regret en regardant un groupe de touristes chinois s'avancer à leur tour pour goûter un de nos trésors patrimoniaux. La seule vision qui me venait à l'esprit était celle d'un grand-oncle qui partait, raquettes aux pieds, faire la tournée des érables afin de produire ce qui avait autant de valeur à ses yeux que ses propres enfants. Et de ces fiers acériculteurs qui contribuent à faire du Québec la capitale des produits de l'érable, dont la réputation sera à jamais entachée par une cabane sans adresse qui disparaîtra dès la saison terminée.

Mes dernières lignes, je les adresse donc à la clientèle touristique de Québec. Surtout, ne basez pas votre opinion sur une cabane à roulette, une chemise à carreaux ou un «reel» de cuillères de bois. Car l'industrie du sirop d'érable n'a rien de différent de ses semblables : elle est composée de gens qui visent uniquement le profit, et de passionnés dont on peut entendre le cœur battre dans chaque goutte d'eau d'érable qui exulte du chalumeau…

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • «Participerez-vous aux activités entourant la présentation à Québec de la finale de la Coupe Vanier?»
  • Oui
  • Non