La conseillère du district de Cap-Rouge, Denise Tremblay-Blanchette, et le maire de Québec, Régis Labeaume, ont visité la station de pompage, située au pied de l’ancien hôtel de ville. (Photo Nicolas Bégin)
La sécurité d’alimentation en eau passe par Cap-Rouge
Transfert de la prise dans le fleuve Saint-Laurent
Un vaste chantier sans doute méconnu permettra de sécuriser l’alimentation en eau dans l’ouest de Québec. Première étape complétée du projet de 65 M$ : le transfert de la prise à Cap-Rouge au coût de 15 M$. L’usine de traitement de Sainte-Foy, laquelle dessert 100 000 personnes, pourra ainsi recevoir jusqu’à 50 000 mètres cubes d’eau supplémentaires par jour.
Construite il y a une quarantaine d’années, elle reçoit l’eau d’une prise située dans le fleuve Saint-Laurent. Frasil (glace), herbes et débris obstruent cependant l’entrée de la structure de captage et nuisent au bon fonctionnement des opérations.
«Ça nous amène à réduire environ 90 fois par année notre capacité de pompage, explique le directeur du chantier à Cap-Rouge, Clément Villeneuve. De 15 à 20 fois nous devons débloquer avec des plongeurs.»
La Ville a envisagé différentes solutions pour régler le problème, à commencer par le statu quo ou la réhabilitation partielle de la prise.
Le projet de transfert représentait un défi d’ingénierie de taille, d’abord en raison de la falaise, du bruit, de l’environnement, des voisins très proches et de la nécessité de maintenir les installations opérationnelles pendant les travaux.
Phase complétée, le transfert de la prise représente un investissement de 15 M$. Cette somme comprend la construction d’un bloc de prise, l’installation d’une conduite d’adduction de 450 mètres et une conduite de dégel.
Toutefois, la Ville estime le coût des deux autres étapes du projet, soit des travaux de canalisation et l’ajustement de l’équipement, à environ 50 M$.
C’est que l’usine de traitement de Sainte-Foy peut recevoir jusqu’à 135 000 mètres cubes d’eau par jour. L’ancienne prise pouvait par contre fournir un maximum de 100 000, mais la nouvelle pourra atteindre un débit journalier de 140 000 mètres cubes. Les 50 000 supplémentaires serviront à alimenter le réseau.
Or, le principal défi de Régis Labeaume consiste à assurer la sécurité de la distribution en eau. «L’alimentation en eau est la base du service offert par une ville.»
Pour garantir cette fameuse sécurité, le maire parle du processus de bouclage. Débuté en 2002, celui-ci devrait être complété en 2011-2012, au coût d’au moins 340 M$. Le montant exclut le coût des usines de traitement de Charlesbourg et de Beauport.
«Si ça brise dans le nord, on va pouvoir alimenter par le sud, explique-t-il. Si ça brise à l’est, on peut alimenter par l’ouest. S’il y a un désastre quelque part, on va pouvoir s’alimenter ailleurs.»
«Les gens pensent que l’eau coule du robinet et que c’est acquis. Ça ne marche pas comme ça.»
En appui au projet, le ministre responsable de la Capitale-Nationale a d’ailleurs annoncé une aide d’environ 3,5 M$, montant compris dans les 15 M$ de la première phase. L’argent provient des coffres du Programme d’infrastructures Québec-Municipalités (PIQM).
«L’eau, c’est la plus grande richesse des Québécois, pense Sam Hamad. C’est notre or bleu. Il faut s’en occuper. Elle appartient à tout le monde.»