Un quatrième été sans notre zoo
(Lettre au maire de Québec, Régis Labeaume). À la lecture du Soleil de dimanche, j’ai bondi! On reparle du zoo… De la poursuite de sa dislocation, trois ans après sa fermeture! Quelle improvisation!!!
Pour Michel Hamel, directeur général de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, une école d’horticulture dans la serre indo-australienne n’était pas une bonne idée, car cela nécessitait «de grandes transformations à faire dans le bâtiment pour en faire une école : des locaux de classe, des bureaux, une cafétéria, des serres. «Le bâtiment n'est pas construit pour ça. Ni même pour y faire pousser des fleurs» disait-il. Sauf que, transformée en bâtiment vert, la même serre deviendrait un modèle qui pourrait être suivi par d'autres, toujours selon M. Hamel.
Désolé, j’ai du mal à suivre! Céline Genest, directrice du Centre de formation professionnelle Fierbourg nous affirme pour sa part que les élèves boudent l’horticulture parce que «La terre, c'est salissant!». Elle est cependant convaincue qu'un déménagement du secteur vert au zoo attirera plus d'élèves... Ils ne travailleront plus avec de la terre? Pincez-moi quelqu’un. Je dois rêver.
On apprend aussi que tous les terrains boisés entourant l'ancien zoo de Québec seront cédés à la Commission de la capitale nationale (CCN). Qu’adviendra-t-il des autres beaux terrains non-boisés? De plus, ces boisés ne seront ni lotis ni vendus, tant qu'ils seront sous la houlette de la CCN, nous assure-t-on. Combien de temps le resteront-ils? On ajoute que l'avenir du vaste stationnement devant le zoo reste incertain, quant à lui. Merde! Cet espace est aussi du domaine public, non?! Et le vendre à des intérêts privés reviendrait à enclaver tous les autres terrains.
Pendant ce temps, la valse des millions continue : 8,7 millions $ pour le transfert de l'école d'horticulture au zoo + 10% pour un bâtiment vert; 180 000 $ pour analyser les coûts de transformation de la serre en serre verte; minimum de 150 000 $ de frais de chauffage récurrents de la serre; et tous les autres frais qui nous sont cachés. C’est notre argent que diable! On nous prend vraiment pour des caves.
En séjour dans la ville de Tucson en Arizona, je viens de visiter le Arizona-Sonora Desert Museum, un concept ralliant zoo et jardin botanique. Quant j‘ai assisté au spectacle des oiseaux de proie, je n’ai pu m’empêcher de ressentir de la rage à la pensée de celui que présentait le défunt Jardin zoologique du Québec. Croyez-moi, le nôtre était de qualité nettement supérieure. Comment expliquer qu’ici, à Tucson (525 529 hab. en 2006), une ville dont la population est équivalente à celle de Québec (500 691 hab. en 2007), il y ait DEUX zoos, soit le Arizona-Sonora Desert Museum et le Reid Park Zoo et que les deux fonctionnent alors qu’à Québec on ne peut même pas en avoir un? Se voit-on trop petits et trop loosers pour ça? Et notre maire ne veut pas s’en mêler, retournant la balle à Jean Charest. Pourtant, alors que le Arizona-Sonora Desert Museum est la propriété d’un organisme à but non-lucratif, le Reid Park Zoo est la propriété de la ville. Oui de la ville!
M. Labeaume, allez-vous enfin prendre fait et cause pour un zoo à Québec, que ce soit à partir du projet de relance que nous vous avons présenté en février 2008 ou non, et interpeler le gouvernement en faveur de notre ville? Il me semble que le temps est venu pour que la mairie travaille pour TOUTE sa population. Notamment les enfants et les citoyens qui carburent à autre chose qu’au Red Bull Crashed Ice.
En attendant, merci à Louise Lemieux et à tous ces autres journalistes qui contribuent sporadiquement à mettre en relief de telles aberrations et à aviver notre flamme.
René Reid, Comité de citoyens pour la réouverture du jardin zoologique