Certains couples âgés sont forcés de vivre séparés lorsque l’un des deux perd en autonomie, une situation préoccupante à cette époque où la population est vieillissante.
Quand perte d’autonomie rime avec séparation (1 de 2)
Jeannette et Paul-Henri Bouchard sont mariés depuis 66 ans… et séparés depuis cinq mois, contre leur gré. Perte d’autonomie différente, besoins différents, mais même tristesse d’être séparés, même insécurité. Devant la détresse de leurs parents, les enfants de Jeannette et de Paul-Henri Bouchard ont décidé de dénoncer la situation et de se battre pour réunir leurs parents.
«Il faut sécuriser les personnes âgées. Elles n’ont tellement plus d’avenir qu’elles ne peuvent que se tourner vers le passé», déplore Michel Bouchard. «Les personnes âgées sont logées, nourries et elles reçoivent des soins physiques, mais qui s’occupe de leurs émotions et de leurs sentiments?», renchérit Lucette, sa sœur. Même si la situation de leurs parents est complexe, elle reflète celle de bien des couples âgés et le problème risque de se présenter de plus en plus souvent avec le vieillissement de la population.
Jeannette et Paul-Henri Bouchard habitaient ensemble une résidence pour personnes semi-autonomes. Après une chute où elle s’est fracturé des vertèbres, Mme Bouchard a été hospitalisée à l’hôpital de l’Enfant-Jésus avant d’être déménagée dans une unité de répit au Centre hospitalier Chauveau.
Or, les six enfants du couple Bouchard considèrent que l’hôpital n’a pas tenu compte de l’état de santé général de leur mère. Pour eux, elle aurait dû aller en transition. Puis, sa résidence ne pouvant plus lui fournir les soins dont elle avait besoin et aucune place n’étant disponible dans le service public, Mme Bouchard a été orientée vers une résidence privée pour personnes non autonomes par le CLSC de Charlesbourg.
Questions et incertitude
Le problème, c’est d’abord que parmi toutes les résidences pour personnes retraitées, peu de constructions sont réservées à des personnes en perte d’autonomie. Et puis les frais sont élevés et le compte de banque diminue rapidement. «Qu’arrivera-t-il à ma mère, dans quelques mois, lorsque le compte en banque sera à sec? La déplacer une quatrième fois… Elle est de plus en plus fragile et vulnérable et ne saurait se réadapter à un nouveau milieu», avance Michel Bouchard.
Dans l’incertitude quant à la situation de leur mère, les enfants Bouchard n’osent pas demander le transfert de leur père. «La situation actuelle fait en sorte que nos parents non autonomes, mais conscients de ce qui leur arrive seront probablement séparés jusqu’à leur mort. Ce que nous leur souhaitons, c’est de pouvoir mourir dignement», soutient Lucette Bouchard.
Bref, la famille Bouchard souhaite recevoir des garanties de l’Agence de la Santé et des Services sociaux que leur mère sera transférée dans en CHSLD pour ensuite demander le transfert de leur père au même endroit. Mais pour l’instant, ils ont beaucoup de questions et bien peu de réponses. «Le plus frustrant pour nous, les enfants, est que nous n’avons aucune emprise sur tout ce qui arrive. Ça nous demande beaucoup d’énergie et on se remet en question parce que, comme enfants, nous ne sommes pas nés pour prendre des décisions à la place de nos parents», conclut Linda Bouchard.
Natalie Leroux
Commentaire mis en ligne le 29 mai 2009Ça me fait beaucoup de peine d'entendre ça, j'ai ma mère
en perte d'autonomie en ce moment elle est hospitalisée,
la résidence où elle habite,je suis pas sûr qu'elle reçoit les bons soins, j'ai appelé la dame où ma mère habite pour avoir des nouvelles d'elle et la première chose qu'elle m'a parlé c'est d'argent et elle ne me dit pas tout à fait les vrais choses, je ne sais pas si elle
devrait retourner à cet endroit. Je compatie avec cette famille qui vit des choses terribles, on veut tellement leur bien à nos parents, mais c'est tellement difficile de faire confiance et il faut sans cesse vérifier par nous même d'être sûr qu'ils sont bien traités.
Merci de me lire. Natalie