Certaines entreprises devront, de plus en plus, prendre en main une partie de la formation de leurs employés.
Pénurie de main-d’oeuvre : la solution par la formation
Au Québec, 84% des entreprises connaissent déjà des problèmes de pénuries ou prévoient en avoir à court terme. Une situation qui préoccupe, quand on sait que 64 600 postes seront à combler dans la région de la Capitale-Nationale d’ici 2012.
C’est, en fait, le calcul que fait Emploi-Québec, qui prévoit que 15 600 emplois seront créés, tandis que 49 000 autres seront à remplacer à la suite de départs à la retraite.
Et les conséquences d’un manque de main-d’œuvre sont grandes, pour les entreprises touchées. Certaines limitent leur participation à des appels d’offres, craignant de ne pouvoir disposer du personnel pour remplir le contrat, d’autres réduisent leur production et certaines ferment carrément boutique.
Étant donné le taux de participation au marché du travail déjà très élevé pour les personnes de 25 à 54 ans (90%), il importe de se tourner vers d’autres régions ou d’autres pays pour trouver des travailleurs.
Toutefois, plusieurs entreprises ont déjà trouvé des pistes de solution, et il se pourrait bien que ça passe par de nouvelles alternatives en matière de formation. Un exemple concret : des entreprises privées et certains hôpitaux ont uni leurs forces afin de trouver réponse à leurs besoins de personnel qualifié en stérilisation. Ceux-ci ont ainsi concocté, avec un cégep, un programme d’attestation d’études collégiales, en fournissant l’équipement. Bref, il s’agit de prendre en main la formation de ses employés.
De plus en plus, et à cause de la spécialisation de beaucoup d’emplois, les entreprises devront mettre la main à la pâte en matière de formation. Tandis que certains assureront eux-mêmes la formation de leurs employés pendant les heures de travail, d’autres opteront pour la formation adaptée à leur entreprise dans des centres professionnels, moyennant des ententes spéciales avec ces derniers.
Il faudra ainsi, et de plus en plus, que les entreprises se tournent vers du personnel qui n’a pas toutes les qualifications requises, quitte à mettre elles-mêmes la touche finale à la formation, s’assurant du même coup que celle-ci soit adaptée à l’entreprise, afin d’en améliorer la productivité.