Décrochage et réforme
Chronique urbaine de Jean-Claude Labbée
Certains événements différents, et pourtant convergents, ont démontré au cours des dernières semaines que notre système d’éducation a besoin d’un sérieux coup de barre.
Ainsi, le rapport d’un groupe de travail sur le décrochage scolaire présidé par Jacques Ménard, président de la Banque de Montréal, indique que 100 jeunes quittent l’école chaque jour sans avoir complété leurs études secondaires. Pire, à l’âge de 20 ans, 31% des Québécois n’ont toujours pas de diplôme d’études secondaires. Or, un décrocheur coûte 120 000 $ à la société tandis qu’il en coûterait 10 000 $ à 20 000 $ pour le récupérer et lui faire terminer sa scolarité. Après avoir fait l’inventaire de différents projets ayant connu du succès soit en réduisant le taux de décrochage soit en augmentant le «raccrochage», le groupe a proposé dix éléments de solution. Leur mise en place coûterait entre 35 et 65 M$ par année durant trois ans et de 140 à 240 M$ par année par la suite. Selon M. Ménard, de tels coûts seraient nettement inférieurs à ceux du décrochage évalués à 1,9 G$ par année.
Un autre évènement qui tend à faire le procès de notre système d’éducation provient des statistiques du ministère de l’Éducation. Selon ces statistiques, seulement 2% des élèves du primaire ont «redoublé» l’année dernière au Québec comparativement à 5,6% pour la période s’étendant de 1995 à 2000. Ne nous leurrons pas, il ne s’agit pas là d’une indication de l’amélioration de la performance scolaire de nos jeunes. Cette baisse du «redoublage» est tout simplement due à la réforme de 2000 qui interdisait aux écoles de faire «redoubler» un élève plus d’une fois durant le primaire, qu’il ait ou non acquis les connaissances requises pour «monter» d’année. À preuve, le taux de «redoublage» est reparti à la hausse depuis que Michèle Courchesne, ministre de l’Éducation, a autorisé qu’un élève puisse «redoubler» plus d’une fois.
Finalement, une nouvelle étude, réalisée par Steve Bissonnette, professeur de l’Université du Québec en Outaouais, démontre que les écoles les plus efficaces et où les élèves réussissent le mieux sont celles où les enseignants utilisent une méthode d’enseignement «explicite». En langage clair : pour améliorer le succès de leurs étudiants, les professeurs devraient abandonner les nouvelles méthodes prévues par la réforme et utiliser des méthodes plus traditionnelles qui ont déjà fait leurs preuves. Selon le chercheur, l’enseignement où le professeur est très présent et où la supervision est importante donne de meilleurs résultats que les méthodes prônées par la réforme qui transforment l’enseignant en accompagnateur, alors qu’on espère que les élèves découvriront et apprendront par eux-mêmes.
Françoise Appy
Commentaire mis en ligne le 30 mars 2009Je peux personnellement témoigner de l'efficacité de la pédagogie explicite efficace dans les classes. Je suis enseignante en France en primaire et l'utilise quotidiennement. Je suis également animatrice d'une association destinée à promouvoir cette forme pédagogique. Si vous voulez en savoir plus visitez notre siteweb http://3e.voie.free.fr/
Les méthodes pédagogiques constructivistes utilisées dans de nombreux pays ont été généralisées sans qu'aucune démonstration de leur efficacité n'ait été fournie, ce qui n'est pas le cas de l'enseignement explicite ou enseignement direct. Il serait grand temps que ces méthodes soient connues du grand public.
Salutations de France,
Françoise Appy
http://3e.voie.free.fr/