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Une pièce où le désordre est ordonné…

Collaboration spéciale de Line Turcotte

Article mis en ligne le 25 mars 2009 à 9:30
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Une pièce où le désordre est ordonné…
Collaboration spéciale de Line Turcotte
Quoi de mieux qu’un centre de documentation pour se mettre à l’ordre, et surtout de pouvoir retrouver ce que l’on veut. Ces boîtes entreposées les unes par-dessus les autres symbolisent une méthode d’archivage… ces documents remplis de secret.
Dans son rôle de conférencier, le «Melville» de la pièce utilise cette manière de classification pour parler de sa vie selon des normes déjà établies. Lui qui n’a jamais réglé à mesure, relate avec conviction qu’il s’est caché, qu’il a transigé de nom, d’épouse, d’enfants, de père même jusqu’à exécuter plusieurs types de travail. L’usurpateur de mots utilise un langage parfois cru pour démontrer son talent d’imposteur.

Comme pour assister à une conférence, une petite salle où s’entassent au plus une trentaine de spectateurs, des boîtes d’archives sont empilées. Au milieu se retrouve un appareil à diapositives nécessitant le chemin provoqué qu’a choisi le faux conférencier Melville Pagé, échappant le tout malencontreusement…

En utilisant le système Dewey, il tente de faire le lien avec les codes afin de se libérer de toutes ces passions qui l’ont surpris dans sa vie et auxquelles il n’a pas donné suite. Fuyant la réalité en devenant l’imposteur des mots, le Melville raconte en dix thèmes, les raisons de sa fuite. De la classe 000 à la classe 900, tous ces codes attribués lui rappellent une étape de sa vie…

La satisfaction de faire croire aux gens qu’on est quelqu’un d’autre, c’est de vouloir montrer que la vie soit encore plus exceptionnelle qu’elle ne l’est. D’écouter raconter des personnes avec une vie extraordinaire donne vraiment envie de croire à tout cela. Chacun a en lui un petit moment d’imposture où il voudrait fuir la réalité. On croit toujours que c’est meilleur dans le jardin du voisin. C’est dans ces mots ou plutôt ces codes numériques que Vincent Champoux, auteur et interprète de la pièce DIX, relate l’anatomie d’un désordre, jusqu’au 4 avril 2009.

Une production Théâtre de chambre en codiffusion avec le Théâtre Périscope permet à la rédactrice en chef Marie-Ginette Guay, de mettre à jour de belles découvertes théâtrales. Sans la participation de l’équipe technique, Stéphan Allard, Marie-Renée Bourget-Harvey, Christian Michaud, Vincent Champoux, très talentueux dans son rôle, n’aurait peut-être pas échappé ses indices de classement et nous ne saurions rien de plus sur les codes de Melville Dewey et de ses liens avec la vie.

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