De la politique à la télé et du comique à la radio!
Vous voulez faire une carrière dans le monde des médias en tant qu'animateur? N'allez pas étudier trois ans au Cégep de Jonquière en Arts et Technologies des Médias, entouré de professeurs compétents. N'allez pas apprendre les règles du journalisme et de l'animation. Non, devenez plutôt humoristes ou politiciens. Ainsi, vous pourrez espérer faire de la télé ou de la radio.
La politique vous attire avant tout? Devenez député de votre coin de pays. Avec de la chance, du talent et de bons contacts, vous deviendrez ministre. Ensuite, subissez la défaite, démissionnez ou faite vous mettre à la porte de votre parti. Alors là, si vous avez de la jasette et si vous pensez avoir un tant soit peu de choses à dire, vous pourrez devenir animateur à la télévision. On viendra même vous chercher. Vous rentrerez de plein pied dans un de ces clubs des ex. Sinon vous aurez votre propre émission où vous pourrez vous défouler à vive-allure.
Vous toucherez sans doute un très bon salaire. Fini les petites chicanes mesquines entre les murs de l'Assemblée nationale ou du Parlement. Vous serez mort de rire et vous vous croirez de véritables veudettes du petit écran. Dans la rue, vous ferez semblant d'être étonnés qu'on vous reconnaisse. Vous vous poserez en fins connaisseurs sur tout ce qui bougent, même si vos propos seront parfois teintés d'ignorances et portés par un mauvais jugement. Qui plus est, on devra endurer longtemps vos maladresses et vos tics de ¨nouveaux vieux débutants¨ des ondes.
Humoristes, le gros lot!
Au Québec, les ¨comiques¨ sont rois. Dès qu'ils auront connu du succès et qu'on les aura vu maintes et maintes fois partout sur la scène, dans des publicités et des films, ils seront aptes dès lors à accepter n'importe quelle offre de travail, en autant que ça paie beaucoup. Lorsque surtout ils n'auront plus autant la cote, alors là nos radios commerciales leurs offriront de devenir leurs animateurs vedettes. Que voulez-vous, les cotes d'écoutes obligent!
Donc, à quoi peuvent bien servir les études de nos jeunes qui aspirent devenir journalistes et animateurs à la radio ou à la télé. De quoi décourager même les plus talentueux qui sortiront avec un diplôme en main. Eux qui voudront travailler dans leur domaine avec de vraies connaissances et de vraies compétences acquises. Ils iront donc frapper aux portes. S'ils sont embauchés, ils ne voleront pas leurs places.
Yvan Giguère
Saguenay