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Réaction du milieu communautaire LGBT au budget provincial et au rapport Ménard sur le décrochage scolaire

Article mis en ligne le 23 mars 2009 à 13:07
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Réaction du milieu communautaire LGBT au budget provincial et au rapport Ménard sur le décrochage scolaire
Jeudi dernier, la ministre des Finances et ministre responsable des Infrastructures, Mme Monique Jérôme-Forget, a déposé le budget 2009-2010 du Québec qui comporte trois grands volets; affronter la récession et préparer la relance; assurer le développement social et; préserver la santé des finances publiques. À la lecture de ce volumineux document, on peut se réjouir, au plan des mesures sociales identifiées comme prioritaires, qu’une part de ce budget tant attendu offre un soutien financier accru pour les familles, que des montants à hauteur d’au moins 4 millions seront alloués à l’amélioration des conditions de vie des aînées. On peut également se réjouir que les demandes maintes fois répétées et légitimes du milieu des logements sociaux aient finalement obtenu gain de cause puisque des investissements de 200 millions de dollars seront consentis pour la construction de 3 000 nouveaux logements sociaux, ce qui portera à 27 000 le nombre de nouveaux logements mis en chantier par le gouvernement. De plus, toujours au chapitre du logement, le gouvernement allouera au cours des prochaines années pas moins de 170 millions de dollars pour divers programmes de rénovation et d’adaptation de domicile. Mais pour le reste, c'est-à-dire pour le milieu communautaire et particulièrement pour nous de la communauté LGBT québécoise, il n’y a pas d’argent neuf. On aura beau attendre l’étude des crédits par les ministères, le milieu communautaire LGBT n’aura rien de plus.

Cela dit, deux jours plus tôt, le 17 mars, c’était au tour du Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec, présidé par L. Jacques Ménard, de BMO Groupe financier, de déposer son rapport intitulé: «Savoir pour pouvoir: Entreprendre un chantier national pour la persévérance scolaire». Si là encore on peut se réjouir de cette importante action citoyenne qui dit que «La persévérance scolaire n’est rien de moins que le sauvetage de nos enfants… Une volonté de leur voir éviter les perspectives de pauvreté, d’ignorance, d’exclusion et de détresse qui pourraient les guetter s’ils se marginalisaient en décrochant.», on peut néanmoins être désolé pour autre chose. Une des causes identifiées de décrochage scolaire - on le sait par des recherches universitaires -, c’est l’homophobie. Or il n’en n’est fait mention nulle part dans ce rapport. De plus, dans la liste des personnes ou groupes interviewés, des organismes aussi majeurs tels GRIS-Montréal ou Gai Écoute, qui font sans relâche de la sensibilisation en milieu scolaire, n’ont pas été consultés. Ces groupes auraient pourtant été en mesure de préciser et de documenter la portée réelle de l’homophobie dans le phénomène de décrochage scolaire. En outre, un ouvrage important tel « Mort ou fif » du professeur Michel Dorais, Ph. D., chercheur rattaché au Centre de recherche sur l'adaptation des jeunes et des familles à risque (JEFAR) de l’Université Laval, n’est pas dans la bibliographie.

Pour Steve Foster, président-directeur général du CQGL : « Il est désolant de constater que cette initiative contre le décrochage scolaire – aussi louable et excellente soit-elle - ne tient pas compte d’un facteur aussi sensible que l’homophobie pour comprendre les causes concrètes de ce phénomène social. N’en tenant pas compte en amont, les correctifs à apporter sur le terrain ne seront donc pas plus adoptés! Il y a pourtant urgence d’agir! Dans cet ordre d’idée, il est à parier également que le programme visant l’amélioration des conditions de vie des personnes aînées mentionné dans le budget de Madame Jérôme-Forget, ne tiendra pas compte quant à lui des besoins spécifiques des aîné-e-s LGBT. La coordonnatrice du Réseau des lesbiennes du Québec, Diane Heffernan, tente sans succès de diffuser une vidéo sur cette réalité et se heurte aux portes.

Faut-il le dire encore, la lutte à l’exclusion et la bataille pour l’application et le respect de l’égalité des droits pour toutes et tous se font sur le terrain par tout un réseau communautaire LGBT des plus dynamiques. Cet important réseau québécois travaille avec des ressources financières de plus en plus limitées faute de financement adéquat comme en fait foi un sondage mené par le CGQL auprès de ses membres en 2006-2007. Cet important chantier qui mériterait un soutien financier accru devrait aussi être porté par toute la société. Or, ce n’est pas le cas et je trouve cela assez désolant. Cela dit, en tenant compte de la situation économique précaire, nous allons collectivement vers des temps encore plus difficiles. Or le « filet social » c’est le milieu communautaire. Ce milieu sera encore une fois appelé à jouer son rôle pour soutenir une population dans le besoin. C’est encore lui qui devra « éponger » les dégâts sans plus de moyens qu’avant la crise, un non sens quant à moi et qui illustre le sens des priorités de nos dirigeants! Avec les nombreuses coupes dans les programmes fédéraux, 2009-2010 n’annonce rien de bon pour nous dans l’immédiat.»
Steve Foster

Président-directeur général

Conseil québécois des gais et lesbiennes

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