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Imputabilité irréfutable

Chronique urbaine de Jean-Claude Labbée

Article mis en ligne le 20 mars 2009 à 16:27
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Imputabilité irréfutable
Chronique urbaine de Jean-Claude Labbée
Seul l’avenir nous dira si la nomination de Michael Sabia à la présidence de la Caisse de dépôt et placement du Québec est bonne ou mauvaise.
Ce qui surprend le plus depuis l’annonce de cette nomination, c’est la vive réaction de certains. Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec, et Jean Campeau, ex-président directeur de la Caisse, reprochent à Michael Sabia sa culture «Canadian» et son manque de sensibilité à la cause québécoise comme en témoigne, disent-ils, le transfert de Montréal à Toronto du siège social de BCE. Pour sa part, Claude Béland ex-président du Mouvement Desjardins, doute de la compétence de M. Sabia qui, selon lui, n’a pas le profil pour gérer une institution québécoise fondamentale, culturelle et identitaire comme la Caisse. D’autres analystes ont déploré le manque de formation pertinente de M. Sabia en finance et sa méconnaissance de ce milieu.

Pourtant, lorsqu’on s’attarde aux gestionnaires de la Caisse depuis 1990, on constate qu’à l’exception d’Henri-Paul Rousseau (docteur en économie de l’Université Western Ontario) et de Richard Guay (doctorat en économie financière et maîtrise en économie de l’Université Queens et maîtrise en finance de HEC Montréal), les anciens présidents n’avaient pas une formation poussée en économie et en finance. Ainsi, messieurs Jean Campeau (licence en sciences commerciales), Jean-Claude Delorme (avocat), Guy Savard (comptable) et Jean-Claude Scraire (avocat) ont tous dirigé la caisse sans cette formation. Par ailleurs, la perte de 40 G$ en 2008 sous la direction combinée des messieurs Rousseau et Guay, ne prouve surtout pas que la sensibilité québécoise et la formation en économie et en finance sont des garanties de succès! Michael Sabia (bac en Économique et Politique de l’Université de Toronto et maîtrise en Économie et Politique de l’Université Yale) devra donc être jugé sur sa performance plutôt que sur son origine ontarienne et sa formation. Comme le disait pertinemment Alain Dubuc dans La Presse, «l’idée de mettre à la tête de la Caisse quelqu’un qui ne vient pas du monde de la finance n’est pas mauvaise ; c’est la dérive du monde financier à laquelle la direction de la Caisse n’a pas échappé, qui a provoqué la crise».

Si au moment où vous lisez ces lignes Michael Sabia n’a pas décidé de démissionner (multimillionnaire, il en a les moyens), il sait que lui-même, son équipe de direction et tous les membres du c.a. ne pourront pas fuir leur responsabilité. Henri-Paul Rousseau et Richard Guay, ex-président et chef de la direction, Pierre Brunet, ex-président du c.a., Claude Garcia et Claudette Carbonneau, ex-président et vice-présidente du comité de vérification, n’admettent pas leur part de responsabilité dans la catastrophe actuelle. Il ne faut plus que cela se produise.

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