Budget 2009 : quelques réactions... supplémentaires
À la suite du dépôt du budget déficitaire de la ministre Jérôme-Forget, certaines organisations ont déjà réagi. À cette heure, voilà une tournée non-exhaustive des premières réactions, en vrac.
L’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) invite les syndicats à la modération dans leurs demandes salariales. «Tous les citoyens du Québec, et en particulier les retraités, seront affectés par ces mesures destinées à rétablir l'équilibre budgétaire. Si l'on considère que les dépenses de rémunération représentent 55% des dépenses de programmes du gouvernement, ce budget est clairement une invitation à la modération adressée aux syndicats, qui doivent aussi faire leur part. Dans ce contexte difficile, l'AQRP donne donc son appui à la présidente du Conseil du trésor, qui invite aujourd'hui les syndicats à mener les négociations sur les conventions collectives dans un esprit d'ouverture et de réalisme », a déclaré la présidente de l'AQRP, Madelaine Michaud.
Pour ce qui est du fiasco de la Caisse de dépôt et placement, l’AQRP demande une commission d’enquête. «L'effet de la politique de placement déterminée par la ministre des Finances est en cause et justifie la tenue d'une commission d'enquête sur la responsabilité des répondants des politiques de placement à l'égard des pertes à la Caisse de dépôt et placement», a ajouté la présidente de l'AQRP.
Chambre de commerce de Québec
Du côté de la CCQ, on se dit satisfait du budget. Son président, Christian Goulet, à d’ailleurs qualifié celui-ci d’«audacieux et proactif». Il a d’ailleurs accueilli avec soulagement l’accroissement des liquidités et de la capitalisation des entreprises.
«Le fonds d’urgence de 500 M$ pour la relance des entreprises, la création d’un nouveau régime d’épargne-actions, la bonification de 60 M$ pour les FIER-Régions et la bonification de 200 M$ du programme Renfort, notamment pour le secteur touristique, industrie importante pour notre région, sont des dispositions très concrètes pour nos entreprises, souligne M. Goulet. La réduction du fardeau fiscal des entreprises étant aussi grandement souhaitée, nous sommes satisfaits de la prolongation jusqu’à la fin de 2011 de l’amortissement accéléré à 50% pour le matériel de fabrication et de transformation et à 100% pour le matériel informatique, des mesures qui favoriseront également la productivité et la compétitivité.»
La CCQ a aussi applaudi la bonification du Pacte pour l’emploi dont le total passe de 1G$ à 1,5G$. Le soutien au milieu culturel, avec une enveloppe supplémentaire de 5 M$ pour compenser les coupures du fédérales est lui aussi bien reçu.
«Il est toutefois urgent de mettre en oeuvre toutes ces mesures d’aide conçues spécifiquement pour contrer l’impact de la crise économique», a souligné du même coup le président du comité Fiscalité et finances publiques de la CCQ, Rémi Tremblay.
Union des consommateurs
L’union des consommateurs déplore quant à elle le retour du rapport du Groupe de travail sur la tarification des services publics. L’Union craint que cet «engouement aveugle pour le principe de l’utilisateur-payeur» se traduise par un appauvrissement important de la classe moyen et des ménages à faible revenu. «Ces mesures, combinées à la hausse de la taxe de vente, vont affecter plus durement les ménages les plus vulnérables», dénonce-t-on. Pour eux, une baisse de la taxe de vente sur les biens essentiels jumelée à une hausse des biens de luxe et nocifs pour l’environnement aurait été la solution à préconiser.
Association des restaurateurs du Québec
L’ARQ croit quant à elle que les restaurateurs n’ont rien à se mettre sous la dent. «Notre industrie contribue à maintenir plus de 185 000 emplois au Québec. Or, il est frustrant de constater que le gouvernement n’a rien à proposer pour aider les restauratrices et les restaurateurs à faire face aux perturbations économiques que nous traversons», a déclaré le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ, François Meunier. L’industrie de la restauration entame donc l’année 2009 avec beaucoup d’inquiétude.
Action démocratique du Québec
Du côté de l’ADQ, on s’indigne de ce budget qui «hypothèquera les familles et nos enfants». «Le budget 2009-2010 du gouvernement libéral, c’est la preuve que la vérité n’a pas été dite lors de la dernière campagne électorale. Les Québécois ont maintenant la preuve que Jean Charest a précipité le Québec en élections pour éviter d’avoir à expliquer le résultats désastreux de six années de mauvaise gestion», a indiqué par voie de communiqué la chef de l’ADQ, Sylvie Roy. Celle-ci se dit d’ailleurs inquiète de la «croissance fulgurante de la dette annoncée dans le budget».
Le porte-parole adéquiste, François Bonnardel, a ajouté que «les libéraux dépensent sans compter. Ils ne font rien pour rationaliser les dépenses et s’assurer que chaque dollar soit investi intelligemment. Maintenant, ils demandent aux Québécois de se serrer la ceinture, de leur en donner plus, pendant qu’eux, ils continuent de tirer l’argent par les fenêtres».
Ville de Québec
À la Ville de Québec, on se dit satisfait du budget : «Dans le contexte économique actuel, des mesures intéressantes sont annoncées pour stimuler l’économie, dont la création d’un nouveau fonds de 825 M$ pour le financement d’un fond de capital de risque et trois fonds de 125 M$ pour financer de nouvelles entreprises qui se trouvent justement dans les créneaux d’excellence de Québec», s’est réjoui le maire Régis Labeaume. Parmi les bonnes nouvelles, 200 M$ seront consentis pour l’ajout de 3000 logements sociaux.
Fédération des coopératives de services à domicile et de santé
Du côté de la FCSDSQ, on demeure préoccupé de par la capacité des ainés à accéder aux services de soutien à domicile. «… nous restons inquiets de ne pas obtenir cette actualisation légitime des aides financières nécessaires à permettre un sain maintien et soutien à domicile de nos ainés», a indiqué J. Benoit Caron, directeur général de la Fédération.
Union des municipalités du Québec
Pour l’Union des municipalités du Québec (UMQ), la mise en œuvre des mesures prévues pour les investissements dans les infrastructures n’est pas adéquatement explicitée dans le budget. «Ce budget contient de bonnes mesures pour les municipalités, mais nous aurions aimé entendre la ministre des Finances nous annoncer l’accélération des investissements prévus au programme Chantiers Canada et une plus grande flexibilité dans les programmes permettant d’agir rapidement», a affirmé le président de l’UMQ et maire de Maniwaki, Robert Coulombe
Fédération des comissions scolaires du Québec
Le président de la FCSQ, André Caron, reconnait les efforts du gouvernement. «Je me réjouis que le gouvernement assume le coût total des facteurs de croissance (coûts de système) du réseau scolaire public et de la réduction du nombre d’élève par classe…» Le présent budget permettra de réduire le nombre d’élèves des classes de certains niveaux du primaire et d’améliorer les services aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation.
Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux
L’APTS déplore de son côté «la frilosité du gouvernement en matière de dépenses de santé. «Les sommes annoncés aujourd’hui par la ministre des Finances ne permettront pas de s’attaquer aux nombreux problèmes du système. On ne peut ignorer les nouveaux besoins de la population, tels que le développement des soins à domicile», observe Dominique Verreault, présidente de l’APTS, qui se dit d’ailleurs inquiète la décision de la ministre d’indexer à l’inflation les tarifs en vigueur.
Conseil des l’industrie forestière du Québec
Le CIFQ dit reconnaitre que «le prolongement du programme aux travailleurs affectés par la crise ainsi que la bonification à la sylviculture constituent des gestes positifs tout comme les sommes prévues pour la promotion du bois», indique-t-il dans son communiqué. Le pdg, Guy Chevrette, espère maintenant que le programme Renfort, incluant dorénavant le Programme de soutien à l’industrie forestière, saura répondre aux besoins de financement à court terme des entreprises du domaine forestier.
Conference Board du Canada
Le Conference Board semble bien accueillir la hausse de la TVQ, mais prévoit qu’il sera difficile de revenir à un budget équilibré dans les prochaines années. «Avec une croissance économique qui marche au ralenti et qui limite donc la capacité de percevoir des revenus de la province, le Québec a prudemment choisi d’augmenter sa taxe de vente (TVQ) d’un point de pourcentage, à partir de 2011. Il a pris soin, parallèlement, de protéger les familles à faible revenu par une augmentation du crédit d’impôt pour la TVQ, sans parler des 500 millions de dollars supplémentaires destinés au Pacte pour l’emploi au cours des trois prochaines années. Du côté des entreprises, des allégements fiscaux ciblés pour stimuler la productivité viendront apporter un modeste élan aux secteurs novateurs de l’économie. Dans les prochaines années, la principale difficulté pour le Québec sera de revenir à un budget équilibré. Avec des déficits cumulatifs à venir de 11,6 milliards de dollars sur les quatre prochaines années et un endettement qui ne cesse d’augmenter (le plus élevé au Canada), il incombera au Trésor provincial de limiter les dépenses au maximum si la province veut parvenir à équilibrer ses budgets d’ici 2013-2014», indique le Conference Board.