Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Histoire du Palais épiscopal de Québec

Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec

Article mis en ligne le 14 décembre 2008 à 11:40
Soyez le premier à commenter cet article
Histoire du Palais épiscopal de Québec
Esquisse de l'arrivée au Palais épiscopal, à l'époque.
Histoire du Palais épiscopal de Québec
Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec
Quand Mgr François de Montmorency-Laval, le nouveau vicaire apostolique de Québec, débarqua dans la ville le 16 juin 1659, il n’y avait pour le recevoir ni presbytère, ni maison épiscopale. La ville ne contenait que cinq cents habitants, logés pour la plupart à la basse-ville (Place-Royale aujourd’hui), où se trouvaient le magasin du roi, quelques comptoirs, une batterie et des quais plus ou moins primitifs. En gravissant la côte de la Montagne, alors très étroite et surtout très escarpée, l’ecclésiastique n’a pas du manquer de voir, à sa droite, un enclos au milieu duquel était plantée une grande croix entourée de quelques humbles monuments funéraires. C’était le premier cimetière de Québec.
Juste un peu plus haut dans la côte, son œil a du s’arrêter sur une jolie maison en pierre à deux étages, et qui était alors la propriété de Denis-Joseph de Ruette d’Auteuil, bientôt l’un des premiers membres du Conseil souverain de la Nouvelle- France – il y sera nommé le 18 septembre 1663. Cette maison était entourée de cours et de jardins embellis par des ormes séculaires couronnant ce magnifique plateau, qui embrassait alors tout le terrain de l’évêché actuel et celui du séminaire de Québec.

Une fois arrivé au sommet de la côte, Mgr de Laval a du voir, à sa droite, l’église paroissiale bâtie en pierre, puis les maisons des Jésuites, des Ursulines et des Hospitalières-Augustines, avec leurs églises respectives, également en pierre. Ajoutez à cela le fort ou, si vous préférez, le château du gouverneur, sur l’emplacement actuel de la terrasse Dufferin, le moulin du sieur Simon Denys de la Trinité, perché sur la cime du cap Diamant, le logis de M. Louis d’Ailleboust, gouverneur de la Nouvelle-France, sur la rue Saint-Louis, le palais de Justice (ou de la Sénechaussée) là où est aujourd’hui la cathédrale anglicane, le jardin du Fort, au même endroit qu’aujourd’hui, c’est-à-dire derrière le château Frontenac, quelques batteries, deux ou trois rues à peine tracées, une vingtaine de maisons au milieu d’arbres massifs de toutes sortes, puis l’épaisse forêt au nord et à l’ouest de la ville, et vous saurez à peu près ce qu’était Québec quand le premier évêque y fit son entrée pour la première fois.
Premier palais épiscopal de Québec
Mgr de Laval logea d’abord chez les Jésuites, puis chez les religieuses de l’Hôtel-Dieu de Québec, chez lesquelles il demeura près de trois mois. Il alla ensuite loger dans la maison de Mme de la Peltrie, située au coin des rues Desjardins et Donnacona, où l’évêque s’est mis à célébrer la messe tous les jours. Mgr de Laval nous apprend lui-même, dans sa Relatio missionis canadensis, 1660, qu’il avait loué cette petite maison pour deux cent livres par année. « Nous la trouvons assez riche, écrit-il, parce qu’elle suffit à notre pauvreté. Nous avons avec nous trois prêtres, qui sont nos commensaux, deux serviteurs et c’est tout. » Son séjour chez les Ursulines dura deux ans, soit jusqu’au 6 novembre 1661.
À la fin de 1661, Mgr de Laval quitte les Ursulines pour aller passer l’hiver chez les Jésuites. Au printemps de 1662, il achète une vieille maison, située à l’extrémité ouest du presbytère actuel de Québec, sur la rue Buade, et s’y loge avec sa petite famille. Il ne l’occupe que quelques mois, car le 12 août suivant, il s’embarque pour la France, confiant l’administration du vicariat apostolique à Henri de Bernières, premier curé de Québec et vicaire général du diocèse. L’évêque revient à Québec le 5 septembre 1663, et, dès son arrivée, il prend possession d’une demeure que ce dernier vient de faire construire, au cours de l’été, sur l’emplacement de la vieille maison dont nous venons de parler; cette maison de pierre est en réalité le premier « palais épiscopal » de Québec et le premier « séminaire de Québec », c’est-à-dire le séminaire des Missions-Étrangères, que Mgr de Laval vient tout juste de fonder, à Paris. Dans son rapport à Rome de 1664, Mgr de Laval écrit : « J’ai établi mon domicile dans mon séminaire; il y a là avec moi huit prêtres, que j’envoie, suivant les besoins et à ma discrétion, dans les différentes missions de mon vicariat. »

En 1666, les « messieurs du séminaire » font construire une grande maison en bois qui est, en réalité, un agrandissement de la maison épiscopale. Elle touche d’un côté au chevet de l’église paroissiale et se trouverait aujourd’hui dans le stationnement en face de l’édifice de l’archevêché actuel. Le corps principal, qui fait angle droit avec l’autre partie de l’édifice, doit avoir environ cent pieds de longueur. Cette maison, c’est le grand séminaire d’alors; le petit séminaire, où logent, en 1668, les premiers pensionnaires, se trouve dans l’ancienne résidence de la veuve de Guillaume Couillard, achetée, en 1666, par Mgr de Laval, en même temps que le terrain où elle se trouve, qui a une superficie de seize arpents.

En 1678, cette demeure fait place à une grande maison en pierre, l’une des plus belles du pays, capable de loger tous les élèves du petit et du grand séminaire de Québec. Il ne semble par que Mgr de Laval l’ait habitée. Il continue d’occuper le presbytère (bâti en 1663), et il est probable que le successeur de ce dernier, Mgr de Saint-Vallier y réside lui-même, pendant les quelques mois que les deux ecclésiastiques demeurent ensemble.

En même temps que celui du gouverneur Frontenac, le nouvel évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier, se fait ériger un palais sur le terrain où se trouve aujourd’hui le parc Montmorency. Confiés à l’architecte Claude Baillif, les travaux débutent en 1692 pour se poursuivre jusqu’en 1700. Le projet dépasse en grandeur celui du gouverneur. Mais, là encore, l’ouvrage demeure inachevé, une seule des deux ailes étant réalisée. Cet édifice est bien visible, dans son état original, sur le médaillon illustrant la cartouche d’une carte de Gédéon de Catalogne, de 1709. On y voit l’aile, qui longe le cimetière, reliée au corps principal adjacent à la chapelle par une tourelle d’escalier coiffée d’une toiture à l’impériale.

En 1743, alors qu’il rétablit les toitures des corps de logis, l’ingénieur Chaussegros de Léry a dressé un relevé précis de la façade de la chapelle construite d’après les plans de Bailiff. Ce document unique nous donne également une idée de l’ordonnance du palais épiscopal dont la chapelle devait former le centre, s’il avait été terminé. Cet édifice, observé par Le Roy Bacque de la Potherie en 1753 dans son ouvrage Histoire de l’Amérique septentrionale, a une façade remarquable « bâtie de belles pierres de taille » et le plan en est fort simple : une nef terminée par une abside circulaire de même largeur. Le clocher, composé de deux tambours ajourés surmontés de coupoles, complète la façade en poursuivant l’élan amorcé par l’arc en accolade qui soustrait la charpente à la vue. L’auteur ajoute : « Il y aurait peu de palais épiscopaux en France qui puissent l’égaler en beauté s’il était fini. » Cette chapelle constitue, selon les auteurs Luc Noppen, Claude Paulette et Michel Tremblay, dans leur ouvrage intitulé Québec, trois siècles d’architecture, « l’exemple le plus élaboré de la présence de l’architecture française au Québec, au cours du 17e siècle. »
Palais épiscopal après la conquête
Au moment de la Conquête, les édifices publics de Québec sont lourdement endommagés. Le palais épiscopal demeure délabré quelques années. À son arrivée en 1766, le nouvel évêque de Québec, Mgr Briand se loge au séminaire. Il fait néanmoins entreprendre des travaux de réfection du palais. Ceux-ci sont terminés en 1775, mais, deux ans plus tard, l’évêque consent à louer l’édifice au gouvernement pour une période de neuf ans. Cette location est par la suite renouvelée à plusieurs reprises, et c’est finalement le palais épiscopal qui accueille, en 1792, la première Assemblée législative du Bas-Canada. Une vue de ce premier parlement, que nous devons à la maquette Duberger (1810), nous donne une idée de la qualité de la réfection du bâtiment : toute l’ornementation a disparu, et le classicisme français a fait place à la sobriété d’une architecture d’après-guerre.
Lorsque le gouvernement décide, en 1830, de loger l’Assemblée législative plus dignement, on fait appel à Thomas Baillargé. Son père, François, avait déjà présenté des projets pour un tel édifice en 1811 et, par ses appuis dans le milieu, Thomas Baillargé a su convaincre. Il livre les plans d’un édifice grandiose, destiné à remplacer le palais épiscopal. On commence par construire l’aile ouest du bâtiment et on remplace la chapelle par une nouvelle salle d’Assemblée. Le coût de la construction et les événements de 1837-1838 interrompent les travaux. Ce n’est qu’en 1850 que l’édifice est terminé selon le projet initial, alors que le Parlement revient siéger à Québec pour quelque temps. On conserva jusqu’en 1851 l’aile sud-est de l’ancien palais épiscopal, qui devait faire un singulier effet à côté du magnifique édifice auquel elle était attachée.
Construction du second palais épiscopal
En 1843, l’évêque de Québec, Mgr Signay, achète les propriétés Baby et Stayner, sur lesquels le palais épiscopal actuel a été construit. L’acquisition de ces deux propriétés, effectuée auprès de Marguerite de Lanaudière, qui assurait la succession de l’honorable Jacques Baby, homme politique, fonctionnaire, juge et officier de milice, ainsi qu’auprès de Thomas-Allen Stayner, député maître-général des Postes, n’a pas été une mince affaire. Mgr Signay et son coadjusteur Mgr Turgeon, avaient offert à ce dernier un certain montant d’argent pour céder son terrain sur lequel se trouvait sa propriété, mais ce dernier avait refusé, car il voulait en garder l’usage au gouvernement. Quant à la maison Baby, les résidents ne voulaient pas du tout la quitter. On fit même sauter un mur de celle-ci, pour la rendre inhabitable…Les deux propriétés réunies coûtèrent à l’évêque de Québec la jolie somme de 23 600 $.
La construction de ce nouvel édifice commença en 1844. Voici comment l’abbé Louis Beaudet, dans son ouvrage intitulé Québec, ses monuments anciens et modernes, publié en 1890, décrit l’édifice : « Le (nouveau) palais a pignon sur rue et son entrée est sur ce qu’on appelait alors la rue du Parloir, parce que le Séminaire de Québec avait autrefois son parloir au bout de cette rue. Il est construit en pierre de taille unie, excepté le rez-de-chaussée, qui est en pierre chanfreinée. Sa longueur est de 137 pieds, sa largeur dans le centre est de 54, dans le reste, de 42. Une saillie de quelques pouces dans la façade, beaucoup plus prononcée à l’arrière de l’édifice, est terminée au dernier étage par un fronton triangulaire. Des colonnes doriques ornent le portique (avant). Un belvédère le dominait jusqu’à l’incendie de 1887; aujourd’hui, le toit est uni et la tôle galvanisée a remplacé le fer-blanc. Cet archevêché fut habité pour la première fois par Nos SS. Signay et Turgeon dans l’automne de 1847. »

On a peine à croire qu’à l’endroit où se trouve aujourd’hui la grille qui ferme la cour du palais épiscopal de Québec, tout près du presbytère de Notre-Dame-de-Québec, il y avait alors une …étable à l’usage des animaux domestiques du curé de Québec. Cet dépendance n’y resta pas longtemps. En 1850, la fabrique décida de construire une aile en pierre de taille, au nord-est du presbytère, pour servir de cuisine, et un nouveau mur jusqu’à la porte cochère du palais épiscopal. Puis cette vieille muraille, qui séparait le terrain du curé d’avec celui de l’évêque de Québec, fut rasée et surmontée d’une balustrade en bois construite aux frais de l’évêché.

Vers 1890, on érige, au fond de la cour du palais, une fausse façade en arc de triomphe, vraisemblablement d’après les plans de l’architecte J. F. Peachy. Dans cette même cour, on construisit la chapelle Saint-Louis, d’après les plans de l’architecte G. E. Tanguay. En 1903, on ajoute une fausse façade sur le côté du palais donnant sur la côte de la Montagne, d’après les plans de l’architecte F.-X. Berlinguet. En 1908, lorsqu’on érige, au haut de cette dernière côte, le monument Laval pour commémorer le bicentenaire de la mort du premier évêque de Québec, la construction de celui-ci entraîne la démolition du pâté de maisons triangulaire compris entre les rues Buade, Port-Dauphin et des Remparts. Ainsi disparaissait, entre autres, la maison du relieur Victor Lafrance, et la belle illustration, sur son côté qui donnait sur la côte de la Montagne, représentant un éléphant à la trompe relevée faisant la publicité pour la maison « Wm Jacques & Son, makers & dealers in boots, shoes & rubbers. » Cette démolition a eu au moins l’avantage, pour le palais épiscopal, de dégager sa façade, dans la rue Port-Dauphin…La fausse façade du palais épiscopal donnant sur la côte de la Montagne fut détruite sans raison, vers 1970, par les architectes Laroche, Déry et Robitaille, en même temps que la fausse façade de la cour du palais épiscopal.

* (Source : Société historique de Québec, avec la collaboration de Raymond Laberge, historien)

Références :

Beaudet, Louis, «Québec, ses monuments anciens et modernes». Québec, Société historique de Québec, l973, 200 p. (Cahiers d’histoire, no 25) (tiré du manuscrit de l’auteur daté de 1890)

Noppen, Luc, Claude Paulette et Michel Tremblay, «Québec, trois siècles d’architecture». Libre Expression, 1979.

Têtu, Mgr Henri, «Histoire du palais épiscopal de Québec». Québec, Pruneau & Kirouac, libraires-éditeurs, 1896.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Affichage des photos

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • «À l'approche du temps des fêtes, êtes-vous davantage sensible aux cris d'alarme des organismes de charité?»
  • Oui
  • Non