Audrée Bolduc et la chienne Pastel font équipe depuis le 12 janvier à la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette. (Photo Nicolas Bégin)
Pastel est loin de faire l'école buissonnière
Chaque jour depuis la mi-janvier, Audrée Bolduc se promène dans les corridors et assiste à ses cours avec sa jeune chienne Pastel. Inutile de se pincer et de croire au rêve, cette situation fait maintenant partie du quotidien à la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette.
Dans le cadre d’un projet-pilote, certains élèves devaient cibler un projet à réaliser et effectuer les démarches nécessaires pour l’atteinte de leur but. Dans deux ans, le Projets intégrateurs pourrait devenir officiel dans les écoles secondaires du Québec. La Polyvalente de L’Ancienne-Lorette l’expérimente cependant depuis deux ans auprès des jeunes de 5e secondaire.
«Le projet d’Audrée est un exemple parmi tant d’autres, mais c’est un exemple qui s’est démarqué dès le début», explique l’enseignant Jean-Pierre Verville.
«Au début, le cours ne m’intéressait pas vraiment, raconte l’adolescente de 17 ans. Je voulais faire du bénévolat dans un hôpital. Puis, pendant que tout le monde parlait en classe, j’ai trouvé mon idée. Je me suis dit Je veux un chien Mira. J’ai toujours voulu un chien, mais je n’ai jamais pu en avoir. J’habite en appartement et je suis allergique.»
L’allergie étant en fin de compte mineure, Audrée a eu à convaincre sa mère et la direction de l'école. Elle a ensuite débuté ses démarches auprès de Mira. Après avoir rempli le formulaire approprié, elle a assisté à une rencontre à la mi-décembre.
S’il faut attendre environ quatre mois avant d’avoir le chien, la Lorettaine a eu le sien au retour du congé de Noël. Elle a d’abord fait équipe avec un animal plus vieux et déjà dressé pendant deux jours, question de faire face au boom de popularité. Le chien devenait un véritable centre d’intérêt auprès des autres élèves.
Née le 30 novembre 2008, Pastel a fait ses premiers pas à la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette le 12 janvier dernier. Nul besoin de le dire, elle a eu place de choix dans le cœur de plusieurs jeunes.
«Je lui montre les tours de base qu’on apprend à un chien, précise-t-elle. La grande formation, ce n’est pas moi qui vais lui donner», indique Audrée, qui gardera son toutou un an
En classe, Pastel ne dérange pas, préférant plutôt jouer les paresseuses, c'est-à-dire se coucher et dormir. Il lui arrive même de rêver.
Ouverture de la direction
Habituée de recevoir plusieurs projets audacieux sur son bureau, la directrice de la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette, Francine Desrochers, semble elle-même avoir un faible pour Pastel.
«Ce n’est plus l’école d’hier, explique-t-elle. Avant, c’était le genre de chose auquel on ne pouvait même pas penser. Maintenant, il y a toutes sortes de projets qui sont présentés.»
Permettre un chien en classe exige cependant une certaine ouverture d’esprit, admet la directrice. «Il faut regarder les impacts et s’adapter. Comme quoi il est possible de faire les choses autrement. Si un prof ne veut pas l’avoir dans sa classe, c’est ma secrétaire qui la garde. C’est devenu un projet d’école. Tout le monde collabore. Les gens sont très sympathiques à la cause.»