Nicole Hamel, une femme au courage exceptionnel.(Photo Jac Mat)
Synonyme de caractère, de ténacité et de courage
Mes rencontres m’apportent régulièrement de belles surprises. Encore cette semaine, j’ai eu le plaisir de découvrir une femme tout à fait merveilleuse en l'auteure et conférencière Nicole Hamel. En fait, la principale intéressée a tellement de choses à raconter que chacune de ses réponses pourrait faire l’objet d’une chronique entière…
Québec Hebdo : Mme Hamel, êtes-vous originaire de Québec?
Nicole Hamel : Je suis née sur la ferme paternelle à Saint-Augustin-de-Desmaures, à une époque où mon père livrait de nombreuses batailles pour défendre la cause des producteurs de lait. Nous sommes ensuite déménagés dans le quartier Saint-Sacrement où j’ai fait mes études primaires. Après mes études secondaires et deux ans à l'Institut familial la Ruche, dans le secteur Limoilou, il devint possible pour les laïcs de faire des études en catéchèse à l’Université Laval. Ça m’intéressait et je m’y suis inscrite. Comme le disent les jeunes, j'ai trippé!
QH - Puis vous avez fait le saut dans le domaine de l'éducation…
NH - Après mon mariage, j’ai en effet enseigné à l’école Wilbrod-Bhérer qui venait tout juste d’ouvrir ses portes. Pendant deux ans, j’ai donné le cours Éducation familiale civique et religieuse. Imaginez, j’avais 20 ans et j’enseignais à des élèves âgés de 13 à 18 ans. J’ai par la suite complété mon baccalauréat en catéchèse tout en enseignant au Centre Cardinal-Villeneuve.
QH - Est-ce que vous avez des enfants?
NH - Nous avons adopté deux enfants avec l’aide d’Adoption internationale. Alors que nous songions à en adopter un troisième, je me suis retrouvée enceinte et c'est ainsi que nous avons complété notre famille. La période de l’adolescence de mes enfants n’a toutefois pas été facile et l'année de mon 40e anniversaire, tout a basculé. Des déchirements nous ont amenés, mon mari et moi, à nous séparer.
QH - Est-ce à ce moment que vous avez appris que vous étiez atteinte d'un cancer?
NH – En 1995, dans le cadre d’un examen de routine, on m'a diagnostiqué un cancer du sein. Puis ce fut la chirurgie, la chimiothérapie et les nombreux traitements appropriés. De tous, c'est clairement la chimio qui a été le plus difficile.
QH - C'est à ce moment que le destin est venu vous faire un signe…
NH – J'ai profité de ma convalescence pour faire du ménage dans mes papiers et c'est alors que j’ai retrouvé d'anciens dessins d'anciens textes. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de me rendre compte que plusieurs années auparavant, j’avais dessiné un caillou sur mon cœur. Mes écrits me donnaient la preuve que le cancer dont je souffrais en était un lié aux déchirements intérieurs. N'ayant aucun antécédent dans ma famille, je n'y vois aucune autre raison.
QH - Vous avez écrit des livres et vous donnez des conférences sur le sujet. Quel est le meilleur conseil à donner aux femmes qui souffrent d’un cancer du sein?
NH - D'abord, faites confiance à la médecine traditionnelle. Moi, c’est ce qui m’a sauvé la vie. Faites vos examens préventifs, c’est très important. Ensuite, tout se passe en dedans de nous. Il existe plusieurs organismes en lien avec le cancer et il ne faut pas hésiter à consulter. Quand j’étais jeune, on nous enseignait qu’il fallait aimer son prochain. Depuis quelques années, j’expérimente plutôt le «aime ton prochain comme toi-même». J’élimine les «il faut» de ma vie. La vérité me rend plus libre, plus heureuse!
Avis aux intéressés, Nicole Hamel prononcera une conférence le 30 mars au Pavillon Royal du Centre ressource des femmes de Beauport. Son livre «Du caillou au séquoia», est disponible aux Éditions du Mécène.