Les personnes vivant avec une déficience intellectuelle… des citoyens qui ont leur place dans notre société
À l’occasion de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle (8 au 14 mars 2009), il est important, comme le souligne le thème « Je te découvre… tu me ressembles ! » de s’ouvrir à la réalité des personnes qui parmi nous ont une déficience intellectuelle.
Au Québec, c’est environ 200 000 personnes qui quotidiennement relèvent le défi de l’intégration sociale. De ce nombre, près de 25 000 personnes le font avec le soutien de l’expertise spécialisé des 7 000 acteurs des 22 centres de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissant du développement du Québec.
En évolution
C’est avec fierté que ces personnes et celles qui les soutiennent peuvent affirmer que grâce au progrès réalisé au cours des 40 dernières années puissent maintenant revendiquer le statut de citoyen à part entière.
Nul n’est besoin de s’attarder sur l’histoire institutionnelle. Il est plus important de constater que les années 1960 et 1970 ont été une période charnière en ce qui concerne l’éclosion de nouvelles approches et la promotion de services d’apprentissage.
La contribution des parents à cet égard a été remarquable. Rappelons que c’est en 1988, qu’a été officiellement reconnu le droit des personnes ayant une déficience intellectuelle de vivre comme citoyen à part entière dans le cadre d’un projet de société. C’était l’intégration sociale.
Des citoyens qui ont leur place dans notre société
Nous constatons, heureusement qu’en 2009, c’est dans leur milieu, au sein de leur famille naturelle, en garderie, à l’école du quartier, avec les ressources de leur communauté, dans les transports en commun, dans de réels milieux de travail que les personnes ayant une déficience intellectuelle vivent.
Cette nouvelle réalité se remarque aussi parmi les personnes qui reçoivent des services des CRDITED. On compte effectivement la moitié de ses personnes qui demeurent soit dans leur propre logement ou au sein de leur famille naturelle et l’autre moitié qui réside dans un des 3 500 milieux de vie substitut. On note, par ailleurs, que près de 13 000 personnes occupent soit un emploi régulier ou un stage, soit travaillent en atelier ou encore en centre d’activités de jour.
Il n’est donc plus exceptionnel pour nous de côtoyer des personnes ayant une déficience intellectuelle que ce soit le matin en prenant l’autobus pour nous rendre au travail, que ce soit en faisant notre marché ou encore dans la classe ou dans l’équipe de soccer de notre enfant…
Une publicité française pour une compagnie de téléphone cellulaire a récemment mis en vedette une personne trisomique qui soulignait qu’il était différent des autres… parce qu’il avait choisi le produit de cette compagnie.
Au Québec, on voit de plus en plus de personnages ayant une déficience intellectuelle dans nos téléromans. Verrons-nous peut-être un jour ces rôles occupés par des acteurs ayant une déficience intellectuelle ?
Des défis à relever
Même si cela peut être considéré comme un rêve, il faut se rappeler que des milliers de personnes ont réalisé celui qu’ils avaient dans les années ’60… à l’instar d’un certain président américain de l’époque.
Il ne faut, toutefois, pas oublier qu’occuper sa place dans la société, développer ses compétences, réaliser des activités de tous les jours, représente un défi particulier pour ces personnes… encore aujourd’hui
Il reste, aussi, de nombreux défis à relever pour les personnes qui présentent des besoins particuliers, comme celui d’améliorer les conditions et la qualité de vie des personnes ayant un trouble grave du comportement. Le personnel des centres de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissant du développement s’investit quotidiennement afin de relever ces défis. Il le fait en offrant des services spécialisés et en partageant son expertise, et ce, avec la collaboration des familles et des proches, mais aussi de nombreux partenaires comme les CSSS, les milieux de garde, les écoles, les employeurs, etc.
Il est, d’ailleurs, primordial de souligner l’importance de ce partenariat, particulièrement celui avec les proches qui occupent une place essentielle. Ces derniers requièrent aussi un soutien afin de pouvoir profiter d’une qualité de vie comparable à celle des familles québécoises.
Un seul but
La motivation première qui nous a toujours animé et qui doit continuer à le faire est de permettre aux personnes ayant déficience intellectuelle de vivre dans notre société, au même titre que le reste de la population, dans le respect de leurs droits, de leurs désirs, de leurs besoins et de leurs capacités.
C’est cet objectif qui doit nous permettre de passer du rêve à la réalité où chacun de nous à un rôle important à jouer afin que plus de 200 000 personnes participent activement à l’évolution de notre société…
Jean-Marie Bouchard, parent
Président de la Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissant du développement