La Journée mondiale du rein met en relief l’importance du dépistage précoce
Le diabète et l’hypertension sont de grands facteurs de risque pour l’insuffisance rénale chronique
Pour de nombreux Canadiens qui reçoivent un diagnostic de diabète et d’hypertension, l’insuffisance rénale chronique (IRC) n’est probablement pas un sujet de préoccupation. Cette année, à l’occasion de la Journée mondiale du rein, la Fondation canadienne du rein souligne à quel point l’hypertension et le diabète augmentent les risques pour cette maladie habituellement progressive, mais pouvant souvent faire l’objet de traitements.
On estime que deux millions de Canadiens sont aux prises avec l’IRC ou risquent de l’être. Le diabète est la cause de l’IRC chez plus du tiers des patients. Les maladies vasculaires causant l’hypertension sont à l’origine de l’IRC chez 19,5 % des patients. D’autres affections comme l’anémie et les maladies cardiovasculaires augmentent aussi les risques si bien que l’IRC est un sujet de préoccupation de plus en plus grand pour les milieux de santé canadiens.
«Un dépistage précoce et complet est la meilleure façon pour les personnes qui présentent un risque d’IRC de connaître leur état et les risques qu’elles encourent pour leur santé, fait remarquer le Dr James Scholey, néphrologue associé au Toronto General Hospital. Il est essentiel de fournir les meilleurs soins médicaux pour essayer de ralentir et d’enrayer la progression de la maladie.»
La Société canadienne de néphrologie (SCN) a publié des directives cliniques pour la prise en charge de l’IRC. «Ces directives canadiennes constituent une série d’outils d’une importance cruciale pour les praticiens de première ligne comme pour les spécialistes, explique la Dre Barbara Ballermann, présidente de la SCN. Elles les aideront à atteindre les objectifs quant aux traitements à dispenser aux patients atteints d’IRC et ainsi à prévenir l’apparition de l’insuffisance rénale terminale ou du moins à en retarder l’apparition.»
La progression de l’insuffisance rénale chronique a tendance à s’accompagner d’une affection des vaisseaux sanguins, laquelle peut inclure une accumulation de calcium sur les parois de ces vaisseaux. Des études indiquent en outre une forte présence de maladies cardiovasculaires chez les personnes atteintes d’IRC. Or plus la fonction rénale est affectée, plus le pronostic de ces maladies cardiovasculaires est sombre. Mais de nombreuses initiatives sont mises sur pied en vue de contrer cette tendance négative.
La Journée mondiale du rein est un événement annuel qui a lieu le deuxième jeudi de mars dans plus d’une centaine de pays. «La Journée mondiale du rein est une occasion de mieux sensibiliser le public aux facteurs de risque reliés à l’insuffisance rénale. C’est un appel aux Canadiens à emboîter le pas, notamment en surveillant leur santé et en améliorant leurs habitudes de vie et leur alimentation afin de diminuer au maximum leur risque, souligne Paul Shay, directeur général national de La Fondation canadienne du rein. L’éducation est l’une des meilleures manières de combattre l’IRC; plus les gens seront sensibilisés aux facteurs de risque comme l’hypertension et le diabète, plus ils seront en mesure de prendre leur santé en main et, dans le cas de patients, de prévenir la progression de la maladie.»
Plusieurs événements pour célébrer la Journée mondiale du rein seront organisés par La Fondation canadienne du rein dans diverses régions du pays. La succursale du Québec tiendra un kiosque d’information à l’Assemblée nationale de 9 h à 15 h 30. Ce jour-là, des épinglettes de la Fondation seront distribuées aux 125 députés présents.
Cinq étapes
La maladie se divise en cinq stades, selon le degré de dégradation de la fonction rénale.
Stade 1 : Les patients conservent plus de 90 % de leur fonction rénale. Traitement – Identifier la cause de la dégradation de la fonction rénale et tenter d’y remédier.
Stade 2 : Les patients conservent entre 60 et 89 % de leur fonction rénale. Traitement – Tenter d’arrêter ou de freiner la progression de la maladie.
Stade 3 : Les patients conservent entre 30 et 59 % de leur fonction rénale. Traitement – Tenter d’arrêter ou de freiner la progression de la maladie.
Stade 4 : Les patients conservent entre 15 et 29 % de leur fonction rénale. Traitement – Explorer les options que sont la dialyse et la transplantation.
Stade 5 : Les patients conservent moins de 15 % de leur fonction rénale. Traitement – Instaurer une thérapie rénale de suppléance : dialyse ou transplantation.
* (Source : Fondation canadienne du rein)