Le réseau d'Hydro-Québec a établi un nouveau record de transport d'énergie avec 37 220 MW à la mi-janvier 2009.
Sommet prévisible de la demande en électricité
Puisque le nombre d'habitations et d'entreprises ne cessent de croître au Québec avec les années, on pourrait prétendre qu'il soit normal, voire prévisible, que la demande en électricité fracasse des records. Or, prévient-on chez Hydro-Québec, cela s'avère un peu trop simpliste comme approche.
Reste que certains chiffres renforcent l'hypothèse de la croissance graduelle et inévitable de la demande en électricité. Même que son ralentissement proportionnel pourrait s'expliquer par le succès des efforts d'économie d'énergie.
Ainsi, lors du récent épisode de grand gel (moyenne minimale de -30 Celsius pendant quatre jours) à la mi-janvier 2009, Hydro-Québec a confirmé que les besoins en électricité ont atteint un sommet sans précédent de 37 220 Mégawatts (MW), cela pour un total (estimation fin 2008) de 3 880 914 abonnés. En comparaison avec le précédent record de janvier 2004, à cette époque la Société d'État avait dû produire 36 300 MW pour alimenter ses 3 644 463 clients.
C'est donc moins de 1 000 MW additionnels cinq ans plus tard, pour au-delà de 250 000 consommateurs de plus. «Toutefois, s'empresse de préciser Marc-Brian Chamberland chez Hydro-Québec, on ne peut établir une règle de trois et présumer que le nombre accru de nos clients justifie l'atteinte de pointe de consommation. Ni supposer que puisqu'ils sont plus nombreux on se retrouve en situation d'économie d'échelle.»
Selon M. Chamberland, il faut tenir compte de certaines variables. «Par exemple, note-t-il, une aluminerie comme Norsk Hydro qui cesse ses activités, cela équivaut à voir autant de maisons sortir du réseau qu'en contiennent des ville comme Laval ou Québec. Les papetières qui ont fermé dernièrement représentent aussi de gros demandeurs. Donc, on ne peut faire de lien entre le nombre d'abonnés et le niveau de consommation globale d'électricité.»
Le problème avec les périodes de pointe hivernales, ajoute le porte-parole d'Hydro-Québec, c'est que tout le monde hausse sa demande en même temps. De plus, en période prolongée de gel intense, l'enveloppe des bâtiments devient gorgée de froid et l'isolant perd de son efficacité.
Miser sur l'efficacité
Pour l'avenir, le grand fournisseur québécois d'électricité continue de miser sur l'efficacité énergétique. Sur le plan résidentiel, les programmes Novoclimat et Éconologis apportent des dividendes. La Société d'État serait même en avance sur ses objectifs de réduction de la demande domestique d'énergie.
Par ailleurs, en période de grand froid, on mise sur la collaboration de chaque foyer pour éviter les ruptures de réseau. Les mesures les plus efficaces à appliquer durant ces périodes sont :
- réduire le chauffage de deux degrés dans chaque pièce;
- réduire l'éclairage à l'essentiel, surtout à l'extérieur;
- limiter l'usage de l'eau chaude;
- éviter l'utilisation du lave-vaisselle, de la laveuse et de la sécheuse.