L’INESS a pour objectif d’améliorer l’efficacité de notre système de santé.
Garder un oeil sur les hôpitaux
L’INESS agira comme évaluateur afin d’améliorer la performance du système de santé
Claude Castonguay a dévoilé ce matin le rapport du comité d’implantation de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESS). Commandé par l’ex-ministre Philippe Couillard, l’an dernier, ce rapport propose une série de recommandations en vue de la prochaine mise sur pied de l’Institut.
Ce dernier se veut une réponse aux dépenses sans cesse grandissantes du gouvernement vis-à-vis le secteur de la santé. «Présentement, près de la moitié des dépenses de programmes du gouvernement vont à la santé et leur progression constante met inévitablement en cause la survie de notre système public de santé», a indiqué Claude Castonguay, qui préside le comité. L’objectif est que la croissance de ces coûts n’excède pas le taux de croissance de la richesse collective.
Le comité qui a élaboré le rapport recommande le regroupement des fonctions de l’INESS selon cinq thèmes : l’évaluation des technologies (incluant les médicaments et les modes d’intervention), l’amélioration de la sécurité et de la qualité des soins et des services, l’évaluation de la performance clinique et organisationnelle, l’analyse de la couverture du système public de santé et de services sociaux, et le transfert des connaissances et la communication.
Le comité a d’ailleurs souligné l’importance d’agir. Des statistiques des années 90 ont démontré qu’«environ 30 à 40% des patients recevaient des soins non conformes et 20 à 25% des soins prodigués n’étaient pas requis ou même étaient potentiellement nocifs, de continuer M. Castonguay dans la présentation du rapport. Le besoin de mécanismes rigoureux de prises de décision et de transfert efficace des connaissances est évident».
Ce dernier croit que le Québec est dans une situation où il doit faire des choix. Il faut à la fois augmenter la productivité du système de santé, tout en continuant d’augmenter la qualité des soins.
Le président du comité d’implantation de l’INESS insiste d’ailleurs sur l’importance que ce futur institut soit indépendant des compagnies liées à la santé ainsi que des pouvoirs politiques. Toutefois, les recherches de ce nouvel organe «ne doivent pas être faites en vase clos». Une bonne communication entre enseignants, chercheurs et praticiens est donc de mise pour que l’Institut puisse atteindre ses objectifs.
Reste à savoir, maintenant, comment ce rapport commandé par l’ex-ministre sera reçu par le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc.
L’Institut national d’excellence en santé et services sociaux regroupera le Conseil du médicament et l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS), des organismes déjà en place depuis respectivement 1971 et 1988.