Le président de la Commission des champs de bataille nationaux, André Juneau, a justifié l’annulation pour des raisons de sécurité. (Photo Nicolas Bégin)
Pas de reconstitution pour des raisons de sécurité
250e anniversaire des batailles de 1759 et 1760
Le président de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) se tourne vers la sécurité compromise pour justifier sa décision d’annuler la reconstitution des combats de 1759 et 1760. Devant bon nombre de journalistes au pied carré, André Juneau a tenté d'éteindre le brasier ce matin avant de dévoiler la programmation du 250e anniversaire des batailles.
Selon lui, trois principaux éléments ont fait l’objet de nombreuses critiques à droite et à gauche. Il pointe l’interprétation possible du visuel retenu, le bal masqué prévu au parc des Braves et la fameuse reconstitution de la bataille des Plaines (1759) et celle de Sainte-Foy (1760).
En fin de compte, la CCBN modifie le premier point et annule les deux autres. Dans le cas du bal, les organisateurs tiendront l’activité État de guerre en remplacement. Il s’agit d’un événement pour rappeler le comportement social de l’époque.
L’idée d’une reconstitution par le Corps historique de Québec consistait à visualiser les stratégies militaires utilisées à l’époque. En gros, montrer aux gens la façon dont les événements s’étaient déroulés. Rassembler environ 100 000 personnes autour d’un même événement. Rien d’autre, assure celui qui regrette tout le brouhaha des derniers jours.
«Nous estimons qu’il est insensé et odieux d’avoir prêté à la Commission l’intention de fêter une défaite militaire qui, après 1763, a été considérée comme un tournant de notre histoire.»
En dépit du plus gros morceau, expositions, animations historiques, fouilles archéologiques, lancement d’ouvrages, colloques et mémoriaux meubleront la programmation. Le budget atteint 320 000$. L’argent provient à 100% du budget de la CCBN.
«La programmation de la Commission des champs de bataille nationaux est, sur le plan historique, totalement justifiée», ajoute M. Juneau.
Représentant du Corps historique du Québec, Stéphane Tremblay affirme très bien comprendre la décision. Pas question d’exposer les figurants (de 2000 à 3000), les invités et le public aux dangers potentiels.
«Nous sommes des bénévoles, notre équipement est un investissement personnel, raconte-t-il. Les possibilités de casse, de drame d’horreur et possiblement de feu dans les campements, on ne peut les tolérer. C’est pour cette raison qu’on accepte la décision à contrecœur.»
Rajuster le tir
Même s’ils adapteront leurs propos en fonction des changements, les opposants garderont l’œil attentif sur les différentes activités.
«Il y a toujours la même approche bonne-entendisse, mais c’est sûr que pour nous, à partir du moment où on nous enlève la formidable scène théâtrale qu’était la reconstitution, il faut rajuster le tir, on va être très vigilant, on va surveiller ça de très près avec la nouvelle programmation. On va ajuster le discours en conséquence.»
Si les historiens invités présentent une version de l’histoire «canadianisante», les opposants affirment vouloir utiliser leur journal, leur radio et leur maison d’édition pour se faire entendre.