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«Mme Jérôme-Forget s’est moquée de nous pendant la campagne électorale» - Pauline Marois en entrevue au Québec Hebdo

Luc Fournier par Luc Fournier
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Article mis en ligne le 14 février 2009 à 14:20
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«Mme Jérôme-Forget s’est moquée de nous pendant la campagne électorale» - Pauline Marois en entrevue au Québec Hebdo
«Ils n’ont pas seulement joué à la bourse, ils ont perdu à la bourse» - Pauline Marois, à propos des libéraux et de la Caisse de dépôt et placement. (Photo Marie-Michelle Gagné)
«Mme Jérôme-Forget s’est moquée de nous pendant la campagne électorale» - Pauline Marois en entrevue au Québec Hebdo
Pauline Marois était de passage à Québec, cette semaine, pour tâter le pouls de la population et de quelques intervenants de différents milieux afin d’être bien au fait des préoccupations des Québécois en vue de la prochaine session parlementaire qui débutera le 10 mars prochain. Mme Marois en a profité pour rendre visite au Québec Hebdo afin de partager son opinion sur plusieurs dossiers chauds pour la province et la ville de Québec, notamment en ce qui a trait à la Caisse de dépôt et placement ainsi que la commémoration de la bataille des Plaines d’Abraham.
«Je suis absolument estomaquée de voir Mme Jérôme-Forget avoir l’attitude qu’elle a eue cette semaine. Comme si elle découvrait depuis une semaine et demie qu’il y avait un problème de déficit qui allait apparaitre! Elle s’est moquée de nous pendant la campagne électorale en disant qu’elle avait fait de bonnes prévisions, qu’elle avait des réserves et qu’il n’y aurait pas de déficit», a-t-elle pesté d’entrée de jeu. Le Parti québécois avait plutôt convenu qu’un déficit allait être inévitable, lors de la dernière campagne électorale.

La chef du PQ a d’ailleurs insisté sur le fait que son parti allait être très exigeant envers le gouvernement Charest en ce qui a trait au respect de ses engagements, particulièrement en matière d’investissements dans les infrastructures.

Pauline Marois croit d’ailleurs que les partenariats publics privés «n’ont pas fait la preuve que c’est ce qui faisait économiser et que les projets allaient se faire rapidement».

Pour elle, l’aide aux consommateurs proposée par le gouvernement est «trop timide et insuffisante». Elle souhaite qu’on stimule l’économie immédiatement, contrairement à ce qui se fait dans le programme de rénovation actuel. Ce programme «n’est pas mauvais en soi, mais les montants sont trop élevés, et le retour ne vient pas tout de suite».
Intervenir ou pas dans la Caisse de dépôt et placement?
«On ne prône pas nécessairement d’intervenir dans la Caisse de dépôt et placement. Cependant, nous pensons que le gouvernement fait fausse route en mettant l’accent, dans ses attentes à l’égard de la Caisse de dépôt et placement, sur le rendement à court terme […] Ils n’ont pas seulement joué à la bourse, ils ont perdu à la bourse», critique la chef de l’opposition à l’Assemblée nationale.
Cette dernière a d’ailleurs dénoncé que le gouvernement ne presse pas la Caisse d’investir dans les compagnies québécoises, comme son mandat le prévoyait au départ. «Pourquoi aller investir dans des aéroports à Londres, qui connaissent des pertes, alors qu’on connait bien notre marché, qu’on connait bien notre milieu?», s’est questionnée la chef du Parti québécois.

Elle a d’autre part reproché à Jean Charest d’être absent, dans ce dossier de la Caisse de dépôt et placement. «Il se cache ces temps-ci [alors qu’il] faut réparer les pots cassés». Elle se demande d’ailleurs pourquoi les contrats des membres de l’administration n’ont pas été renouvelés. Selon elle, cette attente crée de l’insécurité dans la population. «Il faut qu’on ait un débat public sur les orientations de la Caisse […] Aussitôt que les résultats financiers seront déposés, la Caisse devrait se retrouver en Commission parlementaire.»
La commémoration pointée du doigt
En ce qui a trait à la commémoration de la bataille des plaines d’Abraham, Mme Marois ne mâche pas ses mots : «On s’est rendu compte qu’on était en train de se faire rouler dans la farine littéralement», a-t-elle indiqué. Elle compare d’ailleurs celle-ci aux fêtes du 400e de Québec, qu’on s’est efforcé de dénuder de toutes références politiques. «Dans le cas présent, à partir du moment où c’est vraiment une manipulation de l’opinion publique à laquelle on veut procéder, nous, on a dit, "pas d’évènement!" […] Ce n’est pas une fête. C’est un évènement tragique dans notre vie collective», d’ajouter Pauline Marois, qui verrait plutôt une commémoration sobre, voire des débats ou des expositions sur ces évènements qui remontent à 250 ans.
Investissements massifs
La députée de Charlevoix a bon espoir que le projet d’investissement pour le massif de la Petite-rivière Saint-François se concrétise. «Je crois que c’est bien engagé, les étapes se franchissent bien. […] C’est un projet auquel je crois beaucoup.» Elle a vanté le fait que la mise en valeur de la nature et des produits du terroir soit centrale pour le promoteur. «Je vais supporter le projet à la façon dont je peux le faire comme députée de Charlevoix.»
Mme Marois en a profité pour souligner le caractère distinct de la ville de Québec, ville qui s’en sort plutôt bien jusqu’à ce jour, dans cette période de marasme économique. Elle a vanté le fait que l’Université Laval et le fonctionnariat assurent une certaine stabilité au niveau de l’emploi. «C’est le village gaulois dans le village gaulois», a-t-elle indiqué en boutade.

Toutefois, il y a encore des problèmes importants au niveau de la pauvreté et du logement. Après avoir rencontré, dans la journée, quelques intervenants en milieux sociaux, elle a pris conscience du niveau très bas d’inoccupation de logements, et particulièrement de ceux à coût modique. Elle croit que des investissements dans le logement social s’imposent.

La chef du Parti québécois a aussi rencontré, plus tôt en journée, le maire de Québec Régis Labeaume. Ils ont entre autres discuté du projet de «train à très grande vitesse», une idée qui plaît à la chef de l’opposition.

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