Les toits en pente ne sont pas moins à risque. Il revient à chaque propriétaire de connaître le niveau d'accumulation de neige et le poids critique que le toit d'un bâtiment peut supporter.
La capacité portante varie en fonction du toit et du lieu
Il y a des limites aux normes et aux capacités portantes contenues dans le Code national du bâtiment concernant la charge de neige sur les toits. D'autant plus que ces informations utiles lors de la construction d'un immeuble varient en fonction de la région où il est érigé. Prudence et vigilance sont donc de mise lorsque l'hiver se fait neigeux et pluvieux.
À la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), qui fait des rappels chaque hiver sur les dangers de l'accumulation de neige, on précise qu'il existe des normes de charge établies pour chaque secteur et région du pays et des provinces. Par exemple, au Québec, les exigences sont moindres pour les toits du côté de Montréal, Sorel et Trois-Rivières, que de régions plus montagneuses comme Québec, Charlevoix, l'Estrie ou Tremblant.
On hésite toutefois à donner des chiffres précis, pour éviter la confusion dans le public en raison des variations existantes. «Et puis, comme l'indique Marjolaine Veillette à la direction des communications de la RBQ, il faut tenir compte des conditions météorologiques particulières. Ainsi, 2 pieds de neige folle, ce n'est pas comme 2 pieds de neige mouillée et glacée.»
Impossible d'en savoir davantage auprès de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ). La porte-parole Danielle Frank confirme qu'il existe des seuils de capacité portante pour les toits, mais s'en remet à la RBQ pour les divulguer. De façon générale, les experts estiment qu'une structure de toit conçue selon les règles de l'art devrait résister jusqu'à près de 80 livres (35kg) au pied carré, soit l'équivalent de 3 pieds de neige sèche.
«Or, renchérit Marjolaine Veillette, si la neige est humide et lourde, cette capacité portante s'en trouve réduite en termes d'épaisseur. De plus, lors d'effondrement, il est souvent constaté un problème de structure. Donc, si la conception ne respecte pas les normes, ces normes ne tiennent plus. D'où l'importance de la vigilance, surtout lorsqu'un bâtiment a subi des modifications ou un agrandissement avec jeux de niveaux de toiture.»
Le meilleur conseil reste de s'en remettre à des experts, autant lors de la construction que de l'évaluation de la nécessité du déneigement d'un bâtiment. Les propriétaires résidentiels peuvent néanmoins se rassurer, car la grande majorité des 50 effondrements répertoriés par la RBQ en 2008 l'ont été du côté de bâtiments industriels et commerciaux à toit plat. Les signes avant-coureurs comme les fissurations dans le haut des murs et les portes qui coincent doivent être pris au sérieux.
Plat vs pente
La Régie du bâtiment du Québec précise que les toits plats ne sont pas plus à risque d'affaissement. Il importe qu'ils soient construits selon les règles de l'art. D'ailleurs, les charges de neige sont toujours calculées dans la conception d'un toit. Ce sont les jeux de niveaux qui font qu'une partie de la toiture se retrouve plus basse que le reste du bâtiment qui occasionnent souvent des accumulations dangereuses par rafale.
Davantage utilisé pour coiffer les grands bâtiments commerciaux et institutionnels, le toit plat est apprécié pour la simplicité de ce type de charpente. Il est conçu pour résister à une charge de 80 livres au pied carré. La pression est répartie sur l'ensemble de la structure. Très répandu sur les maisons, le toit en pente s'avère plus esthétique, mais aussi plus dispendieux à construire. Contrairement à ce qu'on pense, sa structure est moins résistante acceptant en moyenne une charge de 60 à 70 livres au pied carré. De plus, la pression porte davantage sur les murs extérieurs.
De l'avis de Robert Marois, directeur des ventes chez le manufacturier de fermes de toit Ultratec, l'inclinaison de la pente n'a pas d'incidence. «C'est un autre mythe de croire que les toits à pente prononcée sont plus solides que ceux à pente faible. Les normes de résistance aux charges de neige sont les mêmes. Le seul avantage des toits pentus se trouve dans l'aspect gravitationnel, faisant en sorte qu'ils se vident plus naturellement. C'est d'ailleurs pourquoi les bâtiments en milieu boisé ont habituellement des toits à pente forte.»