Souverainistes et Obama
Paralyser le présent avec les événements du passé, est-ce ça le mouvement souverainiste québécois? Le mouvement souverainiste québécois analyse depuis toujours le présent à l'aide de sa mémoire sélective du passé. C’est tristement connu. Il canalise l’héritage collectif d’une certaine colère à l’égard de l’étranger, du Canadien anglais ou pire encore, du conquérant british. Prenez seulement les Britanniques, ils seront ad vitam aeternam des ennemis héréditaires. Aujourd’hui, malgré une certaine propagande ou solidarité artistique, syndicaliste, ou encore journalistique, il peuple sa solitude d’images du passé, sans réelle connaissance de l’évolution de l’identité québécoise.
Tous les événements favorables à sa cause sont comme un baume à sa détresse ; un électrochoc lui remémorant une lointaine utilité sociale. Pourtant, ce mouvement politique n’est plus capable d’innovation et de pouvoir d’agir. Prenons uniquement un exemple : l’élection du Président américain Barak Obama a été suivie d’un réflexe de récupération souverainiste. C’est convenu, il ne peut comprendre l’aujourd’hui et y voir une force sociale d’innovation sans la tourner vers lui-même. Il ramène toujours tout à sa cause, au détriment de la logique ou de la raison.
Au-delà des faux-semblants souverainistes, Obama ne pourra jamais être une inspiration pour ce mouvement. Obama rassemble le peuple américain; les souverainistes divisent le Québec. Obama appelle à la responsabilisation des Américains; ils maternalisent les Québécois. Obama veut travailler pour la paix et traverser les conflits du passé; ils maintiennent toujours vivants leurs conflits du passé. Obama tend la main; et ils ont le poing fermé. Au lieu de récupérer l’Obamania à leur profit et de nous forcer à respirer leur souveraineté aux émanations âcres et fétides, ils devraient plutôt « renaître sur une autre forme » et réfléchir sur : l’unité des Québécois, comment responsabiliser ces derniers, éviter le maternalisme crasse, et surtout, comment vivre le présent, panser les plaies du passé et s’ouvrir à la postmodernité. Ont-ils, cependant, les aptitudes requises?
Malheureusement, c’est bien plus un mouvement politique enchaîné à des schèmes de pensées archaïques que tourné vers le monde et prêt à travailler avec les autres — comme le souhaitait, pourtant, René Lévesque. Le mouvement souverainiste est devenu un anachronisme. Il est un frein au changement social et il est condamné à l’inanité dans une société qui a changé. La réalité politique, sociale et culturelle à laquelle vivent les Québécois rattrapera un jour ce mouvement pour le jeter ensuite dans le gouffre des idées périmées.
S’il veut s’inscrire dans le 21e siècle, ce mouvement devra un jour quitter sa pop-nationaliste enfantine et choisir la douloureuse, mais nécessaire, transition vers la maturité. Malheureusement, il tire encore avantage de sa posture d’éternel insatisfait et refuse ainsi d’adhérer au monde des « grandes personnes ». Serait-il synonyme d’immobilisme en s’opiniâtrant à ne pas s’engager dans le chenal menant à la vie adulte ? En ce moment, il s’acharne tel un mourant niant sa fatalité. Les médias de masse lui permettent de se maintenir en vie, mais trop souvent, tel qu’il arrive devant le refus de voir une personne mourir, ils s’acharnent, sur et avec lui, en espérant des jours de rémission et de guérison qu’est, malgré tout, ce grand corps malade et mourant.
Pour conclure, tout peuple vit d’espérance. Elle seule peut dynamiser une société et enfanter des projets. Les souverainistes ont jadis récupéré cette espérance dans une seule et unique idée, mais leurs assises étaient narcissiques. Leur espérance de former un pays s’est transformée et matérialisée contre les autres ; toujours dans l’attente d’un faux pas de leurs ennemis politiques ou héréditaires. Les souverainistes se leurrent d’espérances trompeuses devant, pourtant, un peuple aspirant à débloquer le Québec et briser l’hégémonie souverainiste. Peut-on alors libérer l’espérance des griffes souverainistes pour qu’elle renaisse ici et là au Québec, et ce, sans souillure politique?
Emmanuel B. Tremblay, Québec
MONTREALENFRANCAIS
Commentaire mis en ligne le 15 février 2009M. Sarkosy, si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!
CENTRE-VILLE DE MONTREAL
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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html