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La défaite des plaines

Article mis en ligne le 1 février 2009 à 6:00
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La défaite des plaines
Certes il ne faut pas oublier cet événement historique fondamental dans notre histoire. Les Anglais ont gagné. C'est comme ça. On n'y peut rien. Ce conquérant a contribué à ce que nous soyons aujourd'hui beaucoup plus Nord-Américains que Français dans notre façon d'être. C’est bien? C’est mal? C’est comme ça.

Toutefois, il n'en demeure pas moins que le 13 septembre 1759 constitue pour nous une défaite (ou un abandon pour Denis Vaugeois). La bataille a été le point culminant d'un siège de 3 mois au cours duquel la ville de Québec a été détruite (la nombreuse iconographie de l'époque en témoigne) et où toutes les terres cultivées à des kilomètres à la ronde ont été brûlées. Et, on va commémorer ça? On va se déguiser en soldat et on va reconstituer cette humiliation sous le regard ébahi des descendants des conquis? Il n’y a qu’au Québec qu’on peut voir des choses comme ça.

Quoiqu’on en dise, on est encore un peuple soumis. Le maire de Québec nous en fournit un bel exemple. Sera-t-il aussi enclin à «commémorer» sa propre défaite aux dates anniversaires qui la suivront?

Pour faire une comparaison, quelqu'un rappelait récemment le centenaire du club de hockey Canadiens. Il y aura beaucoup d'événements commémoratifs autour de cela. On parlera beaucoup de toutes les conquêtes de la coupe Stanley, mais on n’entendra certainement jamais parler des saisons où l'équipe n'a pas participé aux séries. On n'est pas fou quand même. On célèbre!

Les Acadiens n'accepteraient jamais qu'au nom de la Mémoire des acteurs se déguisent et embarquent sur des bateaux pour être déportés... de nouveau.

Les Anglais ont de quoi fêter, mais pas nous. Ce que s'apprête à faire la Commission des champs de bataille est comparable à ce que font les Orangistes protestants irlandais à chaque 12 juillet en allant parader dans les quartiers catholiques de Belfast pour commémorer la victoire de Guillaume d'Orange lors de la bataille de la Boyne en 1690. C'est du mépris et de la provocation.
René Reid, Québec

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