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Économie politique

Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 3 février 2009 à 6:30
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Économie politique
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Par son budget déposé le mardi 27 janvier, le gouvernement fédéral prévoit sauver ou créer 190 000 emplois. Avec un déficit prévu pour les six prochaines années de quelque 80 G$, chacun de ces emplois coûtera plus de 70 000 $.
Le budget d’un gouvernement est différent de celui d’un simple citoyen. Il est donc logique qu’il doive s’endetter davantage pour aider l’économie à reprendre de la vigueur. Il a aussi le devoir de s’assurer que les chômeurs puissent vivre décemment, pendant qu’ils suivent une formation pour avoir accès à de nouvelles catégories d’emploi. Je suis donc d’accord avec les modifications apportées à l’assurance-emploi doublées de l’augmentation des crédits disponibles pour la formation de cette main-d’œuvre. Je me demande même si l’effort actuel est suffisant.

L’idée de débloquer des crédits pour la mise à jour de nos infrastructures est excellente. Nos aqueducs, égouts, ponts, routes et écoles sont dans un piteux état. Il est sage d’accélérer leur restauration. L’octroi de crédits d’impôt à la rénovation domiciliaire est fait, lui aussi, dans le but de stimuler le secteur de la construction. Avec l’espoir que le vieil adage voulant que «quand la construction va, tout va» soit encore vrai. Je me désole par contre du peu d’aide que recevra le secteur forestier, malgré les milliers d’emplois perdus ou menacés au Québec. Par ailleurs, l’Ontario semble favorisé au détriment du Québec, alors que nous serons privés de 700 M$ en péréquation en 2010, pendant que le sud de l’Ontario bénéficiera de 1 G$ sur cinq ans pour la création d’une nouvelle agence de développement économique. Même chose en ce qui a trait au secteur ferroviaire où on investira beaucoup entre Ottawa et Toronto. Si ce favoritisme se confirmait, il faudra s’en souvenir lors des prochaines élections.

Le plus inquiétant dans ce budget, ce sont les baisses d’impôts totalisant 20 G$ en six ans. Ce manque à gagner fiscal s’ajoute aux revenus perdus (15 G$ par an) avec la réduction de 2 % de la TPS dont le principal effet sur l’économie aura été la hausse des revenus des entreprises qui en ont profité pour augmenter leurs prix. Pourquoi donc baisser l’impôt de ceux dont les emplois ne sont pas menacés, plutôt que de se concentrer exclusivement sur les mesures non récurrentes pour stimuler notre économie?

La dette estimée du Canada sera de quelque 542 G$ en 2013-2014. Plusieurs économistes prétendent que les baisses d’impôts ne contribueront pas à combattre la crise qu’on prévoit d’assez courte durée chez nous. Elles ne feront donc qu’hypothéquer l’avenir des générations futures, en allégeant les impôts de ceux qui votent maintenant. Voilà bien peu de gestion et de planification pour l’avenir, mais beaucoup, beaucoup de politique!

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