Que se passerait-il si Ford, GM ou Chrysler faisait faillite
La question m’a été posée plus d’une fois depuis les deux derniers mois et j’ai décidé de partager mon opinion avec vous aujourd’hui. Disons d’abord que cette éventualité aurait de lourdes conséquences. Parlons d’abord des centaines de fournisseurs qui seraient les premiers à ressentir les contrecoups. Même si un seul constructeur devait fermer boutique, les autres constructeurs pourraient aussi en souffrir car de nombreux fournisseurs possèdent de plusieurs clients et des compagnies comme Toyota ou Honda pourraient devoir arrêter la production si un fournisseur déclare banqueroute. Mais d’autres s’accordent à dire que la faillite aurait aussi du bon en forçant par exemple des constructeurs à revoir des ententes syndicales dépassés à réviser un système de fournisseurs archaïque et un réseau de concessionnaires démodé. Les compagnies sauveraient ainsi des dizaines, voire des centaines de millions de dollars par année. Il faut aussi regarder du côté des concessionnaires, si une compagnie disparaît le réseau entier va suivre. Au moment d’écrire ses lignes, GM est à décider ce qu’il va advenir de ce réseau au Canada comme aux Etats-Unis. Plusieurs penchent pour la théorie de mettre toutes les divisions sous le même toit. Ce qui voudrait dire que la moitié des concessions seraient sacrifiées avec tous les emplois que cela implique. Et le problème est le m^me à travers le monde. Tous les pays industrialisés ont concocté un plan d’aide plus ou moins important pour aider son industrie automobile.
Des chiffres en fortes baisses
Des analystes de Wall Street, de l’Europe et même le patron de Nissan Carlos Ghosn ont annoncé des années noires pour l’automobile. L’industrie automobile planétaire a écoulé un peu plus de 67 millions de véhicules passagers en 2007. Ce chiffre est descendu à 63 millions en 2008 et l’on prévoit 55 millions pou 2009. Carlos Ghosn a même avancé qu’il faudra peut-être attendre à 2016 avant de revoir des ventes aussi bonne qu’en 2007. Il est encore difficile de dire ce qu’il adviendra exactement, mais peu importe les succès ou les déboires individuels, le paysage automobile subit en ce moment une profonde transformation. Si les constructeurs américains s’accrochent à leurs valeurs des années 1950, ils sont condamnés à mourir à courte échéance. Les gens en placent devront faire ce qu’ils n’ont jamais fait, prendre des décisions qui font mal. Choisir quelle partie de la compagnie va survivre et quelle partie va mourir et s’assurer de faire les bons choix, car mêmes avec ces décisions difficiles à prendre le succès n’est pas garanti. Les constructeurs américains devront en plus reconquérir une clientèle qui depuis longtemps est allé voir ailleurs. Il faudra donc concevoir des produits qui feront l’envie du public, un phénomène rare dans les dernières années. Les Américains ont gardé tant bien que mal une faible clientèle à coup de rabais et de financement à 0%. Alors que les Japonais et les Européens possèdent une clientèle qui privilégie le produit avant le programme, un bien meilleur gage de fidélité
C’est le produit qui fera la différence
En bout de piste, c’est le produit offert au consommateur qui décidera du sort d’un constructeur. En ce moment l’avantage va clairement aux Japonais et à l’Europe. Les premiers ont depuis longtemps planifié à long terme et offre des produits taillés sur mesure pour la nouvelle réalité automobile. Les Européens eux vivent depuis longtemps avec un prix du carburant très élevé et ont su adapter les produits. Lorsque les réglementations concernant les émissions pour le carburant Diesel seront finalement harmonisées entre l’Amérique du Nord et l’Europe (d’ici 2011), beaucoup de produits Diesel de qualité vont franchir l’Atlantique. La myopie des Américains qui n’ont jamais regardé plus loin que le bout de leur nez va leur coûter très cher. Combien au juste, nous serons fixé dans les prochains mois.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2009. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedis à MIDI sur les ondes du 98,5 FM de Montréal et le réseau Corus Québec ou via internet au
www.985fm.ca
le sepulcreux
Commentaire mis en ligne le 31 mars 2009Bien vu!
Mais quelles seraient les garanties de pièces de maintenance pour les (très) chères Chrysler?
Les garanties internationale qui s'applique d'habitude (plusieurs années de fournitures il me semble) s'appliquerait-elle encore si les fournisseurs de ces pièces disparaissaient?
Quid des réseaux en France et des gens qui ont confiance en cette marque, sachant que Dodge Chrysler et Jeep sont souvent regroupées chez un même concessionnaire?