Parmi les aliments qui contiennent le plus d'oméga-3, le saumon arrive en tête de liste (photo), suivi du hareng, de la sardine, du maquereau et de la truite. Si on n'aime pas le poisson, on peut se rabattre sur les suppléments naturels en gélules.
Les oméga-3 soulagent les symptômes dépressifs liés à la ménopause
Les oméga-3 soulagent la détresse psychologique et les symptômes dépressifs légers qui affectent les femmes à la périménopause et à la ménopause, selon des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval. Leur étude, publiée dans le numéro de février de l’American Journal of Clinical Nutrition, constitue la première preuve de l’efficacité des suppléments d’oméga-3 pour traiter ces problèmes de santé psychologique courants chez les femmes à cette étape de leur vie.
Le chercheur Michel Lucas et ses collaborateurs ont recruté 120 femmes âgées de 40 à 55 ans qu’ils ont divisées en deux groupes. Les femmes du premier groupe devaient consommer trois gélules contenant un total d’un gramme d’EPA, un acide gras oméga-3 d’origine marine, tous les jours pendant huit semaines. Les participantes du second groupe étaient soumises au même protocole, mais leurs gélules contenaient de l’huile de tournesol sans EPA.
Les résultats à différents tests administrés au début et à la fin des huit semaines de l’essai clinique indiquent que les oméga-3 améliorent significativement l’état des femmes présentant des symptômes de détresse psychologique et de dépression légère. «Les différences que nous avons observées entre les deux groupes ne sont pas anodines, commente Michel Lucas, surtout si on considère que les oméga-3 ont peu d’effets secondaires et qu’ils procurent des bienfaits sur le plan de la santé cardiovasculaire.» Cet effet positif des oméga-3 n’a toutefois pas été observé chez un petit groupe de femmes qui éprouvaient des symptômes dépressifs plus sévères.
Par ailleurs, les participantes aux prises avec des bouffées de chaleur ont aussi noté une amélioration de leur état lorsqu’elles consommaient des oméga-3. Le nombre de bouffées de chaleur quotidiennes, qui était de 2,8 au départ, a diminué de 1,6 en moyenne dans le groupe consommant des oméga-3 et de seulement 0,5 dans le groupe placebo. La baisse attribuable aux oméga-3, soit 1,1 épisode de bouffées de chaleur par jour, équivaut aux résultats obtenus avec des phytoestrogènes ou des antidépresseurs. Les détails de ces résultats ont fait l’objet d’une publication dans l’édition en ligne du 20 novembre 2008 de la revue scientifique Menopause.
Les symptômes dépressifs affectent un nombre important de femmes à la ménopause et à la périménopause. Plusieurs s’en remettent alors aux antidépresseurs pour améliorer leur état, même si l’efficacité de ce traitement est contestée. La méfiance envers l’hormonothérapie et les antidépresseurs pousse certaines femmes à se tourner vers des solutions alternatives dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée scientifiquement. L’étude des chercheurs de l’Université Laval vient corriger cette situation dans le cas des oméga-3 d’origine marine.
Outre Michel Lucas, les chercheures suivantes ont cosignée cette étude : Geneviève Asselin et Sylvie Dodin, de la Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, ainsi que Chantal Mérette et Marie-Josée Poulin, du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard.
* (Source : Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université Laval)