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Feu le Manège

Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 27 janvier 2009 à 6:50
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Feu le Manège
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Le journal La Presse nous apprenait la semaine dernière que la reconstruction à l’identique du Manège militaire pourrait coûter 250 M$ et ne commencer qu’en 2014 pour se terminer en 2018, quelque 10 ans après l’incendie qui l’a détruit à plus de 75 % le 4 avril dernier.
Maintenant que les cendres sont refroidies, il est peut-être temps de reconsidérer les alternatives qui s’offrent à nous. Sa destruction est assurément une perte pour la ville de Québec. Par contre, le Manège n’a jamais fait partie de notre décor comme le Château Frontenac ou les portes Saint-Jean et Saint-Louis. De plus, cet édifice était fermé au public et principalement réservé à une poignée de miliciens. Au-delà d’une démolition ou d’une reconstruction à l’identique avec un changement possible de vocation, il faut s’interroger sur la pertinence d’investir des sommes faramineuses dans une telle aventure.

Partisan de la rapidité des prises de décisions, le maire Labeaume est, avec raison, «tanné» d’attendre après le fédéral. Par ailleurs, conscient qu’un coût de 250 M$ serait inacceptable, il s’est dit ouvert à une solution autre à la condition que ce soit pour une utilisation publique. Pendant ce temps, Josée Verner, ministre fédérale Responsable de la région de Québec, continue de nous promettre une consultation publique, promesse qui s’éternise et qui ne pourrait être tenue qu’à la fin de l’enquête sur les causes de l’incendie quelque part au printemps. Un autre bel exemple de lenteur politique qui n’a de comparable que celle de la bureaucratie gouvernementale.

La situation géographique du Manège militaire est stratégique. En retrait de la Grande-Allée, enchâssé entre le bunker et le Château Laurier, limitrophe des plaines d’Abraham et à proximité des hôtels et bars de la Grande Allée, cet emplacement est au cœur de presque toutes les festivités qui se déroulent à Québec (Festival d’été, Carnaval, Fête de La Nouvelle-France). Si on laisse le moindrement vagabonder son esprit, on pourrait y voir une immense scène permanente s’appuyant sur une façade reconstituée du Manège. En poussant un peu la folie créatrice, on pourrait même penser à une salle de spectacle multifonctionnelle avec toit ouvrant. Une architecture audacieuse en ferait un attrait unique au Québec et même, pourquoi pas, au Canada.

L’espace ne faisant pas défaut, on pourrait aussi trouver une façon d’y intégrer Le Moulin à Images de Robert Lepage, manifestation que le maire voudrait rendre permanente. Le fonds pour la tenue d’évènements créé récemment par Régis Labeaume démontre son intention de faire de Québec une ville culturelle à l’avant-garde. Nul doute qu’une telle utilisation de ce qu’on doit maintenant qualifier de feu le Manège militaire irait dans le sens d’une telle philosophie.

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