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La région de Québec privilégiée mais non exemptée

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 22 janvier 2009 à 11:30
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La région de Québec privilégiée mais non exemptée
Pour l'économiste principale chez Desjardins, Joëlle Noreau, la région de Québec ne sera pas trop affectée par la crise, mais elle ne pourra l'éviter.
La région de Québec privilégiée mais non exemptée
Bien qu'elle jouisse d'une situation particulière en raison de son dynamisme économique, la région de Québec ne pourra échappée aux soubresauts de la crise financière originaire des États-Unis et qui a corrodé les fondations de l'économie mondiale. Néanmoins, aux yeux des experts, la capitale provinciale fera figure de privilégiée. Au point de s'en tirer mieux que le reste du Québec qui, lui, affichera une meilleure performance que certaines régions du Canada, dont sa voisine l'Ontario.
Selon les analyses et pronostics du Mouvement des caisses Desjardins basés sur les résultats des deux derniers trimestres de 2008, la réalité d'une légère récession s'avère difficilement évitable pour le Québec. «Le gouvernement provincial aura beau miser sur l'accélération des investissements dans les infrastructures, une reprise économique durable dépendra inévitablement de la conjoncture aux États-Unis. La bonne nouvelle de ce côté, c'est que le plan de relance de 1 000 G$ du nouveau président Obama suscite beaucoup d'espoir», observe Joëlle Noreau, économiste principale chez Desjardins.

Reste que le ménage n'est pas terminé chez nos voisins du Sud. Un assainissement des pratiques financières sera sans doute requis, ce qui n'est pas le cas au Canada ni au Québec. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle notre économie devrait être moins affectée par la crise, selon la plupart des experts. Néanmoins, les temps sont durs pour certaines entreprises, notamment tout le secteur manufacturier qui se trouve sur la sellette depuis quelque temps.

«Même si la saignée est déjà faite dans les industries comme le bois, le textile, le papier et le meuble, il demeure des exceptions qui se distinguent en adaptant leur offre au marché. C'est le cas notamment pour les vêtements haut de gamme, de sécurité ou encore de sports et détente», constate Mme Noreau, ajoutant qu'en contrepartie, les domaines de la technologie avancée et de l'aéronautique connaissent un manque de main-d'oeuvre.
Confiance
Le retour à des jours plus glorieux pour l'économie mondiale dépendra en bonne partie du maintien voire de la remontée de la confiance des consommateurs. À ce chapitre, les États-Unis partent de loin. En effet, la situation générale n'est pas rose pour la première économie du globe, avec la chute de la valeur des maisons ainsi que des fonds de retraite en baisse et la hausse de l'endettement des ménages et des mises à pied. Le nouveau président Obama personnifie certes une volonté de changement, mais il devra instaurer des mesures efficaces à court terme afin de sortir ses concitoyens de leur torpeur léthargique.
«Heureusement, indique l'économiste chez Desjardins, au Canada comme au Québec, le marché immobilier n'a pas été ébranlé par une crise du crédit hypothécaire. Aussi, les ménages ne sont pas surendettés. Même que leur situation générale se serait améliorée depuis le tournant des années 2000. De plus, il n'y a pas encore eu de mouvement de mises à pied massives, même s'il faut s'attendre à ce que le taux de chômage grimpe au cours de l'année 2009. Pour ce qui est de notre balance commerciale, les exportations devraient profiter de la baisse du dollar canadien, pourvu que les acheteurs étrangers soient au rendez-vous.»

Généralement, en période de ralentissement économique, le premier signal d'un regain se perçoit du côté des indices boursiers. De l'avis de Joëlle Noreau, ce devrait être encore le cas cette fois. Après avoir touché le plancher durant l'automne, les bourses devraient connaître encore un peu de volatilité ce printemps pour revenir à davantage de stabilité vers la mi-année et la fin de l'été 2009. Entre-temps, l'annonce d'investissements massifs dans les infrastructures lors des prochains énoncés budgétaires fédéral et provincial ne peut que favoriser l'activité économique.
Sort enviable
Sans pouvoir prétendre être à l'abri de la présente crise économique mondiale, la région de Québec s'avère privilégiée. «Au fil des ans, notre économie s'est diversifiée, si bien qu'elle repose sur de bonnes bases pour entreprendre 2009. Le secteur manufacturier se fait moins dominant qu'ailleurs, la fonction publique demeure toujours stable et on a développé des secteurs porteurs comme les assurances, les centres de recherche et les sociétés innovantes. Il n'est donc pas étonnant que le taux de chômage reste bas autour de 4 % et que la région compte parmi les plus dynamiques au pays», soutient Mme Noreau.
Plusieurs chantiers de construction importants sont en cours de réalisation ou s'amorceront en 2009. Mentionnons, entre autres, les édifices à bureaux sur le boulevard Laurier, le projet de revitalisation d'Estimauville, le Super PEPS et le complexe récréotouristique du Massif. Le Port de Québec pourrait même être tenté de profiter d'une relative accalmie pour améliorer ses infrastructures, afin d'être prêt lorsque le vent reprendra.

Dans ses prévisions économiques, le Mouvement Desjardins estime que la région de la capitale devrait bien s'en tirer somme toute. Sans mettre des lunettes roses, on anticipe une croissance faible sinon nulle pour la province en 2009 et une progression modeste de 1,6 % en 2010. Bref, ce ne sera pas facile, mais ce devrait être moins douloureux pour le Québec que l'Ontario, en raison surtout des difficultés que traverse l'industrie automobile. Inévitablement, notre principal partenaire économique, les États-Unis, va entraîner le Canada et le Québec dans son sillage, tant durant la crise que lors de la relance. Moins ce sera long et moins importants seront les dommages.
«Au fil des ans, notre économie s'est diversifiée, si bien qu'elle repose sur de bonnes bases pour entreprendre 2009.»
- Joëlle Noreau, économiste principale chez Desjardins

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