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Le marché résidentiel gardera un bon rythme à Québec

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 29 janvier 2009 à 15:22
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Le marché résidentiel gardera un bon rythme à Québec
La bonne tenue du marché du travail et le rythme soutenu de formation des ménages devraient éviter au marché résidentiel de la région de Québec de ralentir trop brusquement en 2009.
Le marché résidentiel gardera un bon rythme à Québec
En dépit de l'ombre d'une crise économique qui se profile à l'horizon, le marché de l'habitation continue à bien se comporter dans la région de Québec. Après une bonne année tant pour la construction que pour la revente immobilière en 2008, on peut s'attendre à un léger ralentissement en 2009 bien que la situation n'annonce rien de dramatique.
Ce que plusieurs économistes considèrent comme une conjoncture exceptionnelle pour la région de la Capitale, où le taux de chômage reste aussi bas que 4 % et la formation des ménages garde le rythme, tend à se confirmer. De fait, la conférence sur les perspectives de marché de l'agglomération urbaine de Québec, tenue par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) l'automne dernier, affichait un ton optimiste.

Parmi les facteurs économiques qui militent en faveur de la région de Québec, mentionnons que le marché de l'emploi devrait fléchir un peu, mais demeurer relativement dynamique. Parallèlement, la formation de nouveaux ménages devrait se maintenir et avec de meilleurs revenus à leur disposition. Si la crainte des mauvaises nouvelles n'ébranle pas trop la confiance de consommateurs, l'économie régionale devrait donc s'en tirer.

De l'avis des analystes de marché à la SCHL, Élisabeth Koulouris et Frédéric Brie, «e marché immobilier de Québec devrait profiter d'une croissance des prix plus modérée pour s'équilibrer. Néanmoins, les hausses successives de près de 10 % en moyenne par année, faisant passer le prix médian d'une résidence unifamiliale de 105 788 $ en 2002, à 204 700 $ en 2009 font en sorte que le marché de la revente demeure favorable aux vendeurs.»

En ce qui concerne les mises en chantier d'habitations neuves, il appert que la rareté et le coût élevé des terrains favorisent certaines catégories de propriétés. Ainsi, la construction de maisons haut de gamme se trouve encouragée à proximité du centre-ville, tandis qu'en périphérie les accédants à la propriété optent pour les maisons jumelées ou en rangée. L'objectif de densification du territoire milite également en faveur des projets en copropriété. Quant au marché locatif dont le taux d'inoccupation demeure passablement bas dans la région à 1,2 , il devrait se détendre graduellement, mais reste encore loin de l'équilibre estimé à 3 % de vacance.
Vigilance et stratégie
«À l'aube d'une crise, les entrepreneurs en construction résidentielle doivent être vigilants et opter pour des stratégies ciblées afin de maintenir leurs avantages concurrentiels», estimait Alain Jacques, président de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ), au sortir du 47e congrès annuel du regroupement patronal tenu en septembre dernier. À cette occasion, il a été largement question des enjeux et de l'évolution de la situation dans l'industrie de la construction résidentielle. Le thème du congrès était d'ailleurs judicieusement choisi : «rénover le passé et construire l'avenir».
De l'avis de M. Jacques, il est certain que la forte croissance des prix des maisons au cours des années 2000 contribue à réduire l'accessibilité à la propriété. De plus, la disponibilité de bons terrains à proximité des grands centres urbains s'amoindrit. «C'est pourquoi, recommande-t-il, les entrepreneurs actifs doivent privilégier des stratégies de développement qui correspondent aux attentes du marché. Car, il y a toujours des opportunités. Pour en profiter, il suffit de suivre l'évolution de la demande.»

Quoi qu'il en soit, estime le président provincial, tant que la revente restera bonne, les gens vont chercher à améliorer leur sort. C'est ainsi que le marché de la 2e et de la 3e maison de même que de la copropriété vient momentanément en relève aux accédants qui optent pour une maison existante. Reste que 2009 devra faire place au réalisme. Les indicateurs économiques sont à l'effet qu'un ralentissement graduel de la demande est à prévoir sur le marché résidentiel. Le principal élément d'inquiétude à l'aube d'une crise économique mondiale qui finira par avoir des répercussions ici réside dans le fait que le niveau d'endettement des ménages est élevé.
Pas de panique
Lors d'un récent atelier intitulé «Économie et construction», l'économiste Guy Mineault a expliqué aux entrepreneurs présents que «la situation des hypothèques à risque et des subprimes aux États-Unis ne pourrait pas se produire au Canada parce que nos institutions financières sont très saines et possèdent suffisamment de fonds. Cependant, cette crise a engendré une certaine prudence chez les consommateurs d’ici, qui pourrait les inciter à mettre de l’argent de côté afin de faire face à des moments difficiles.»
«Pour ce qui est de la récession, précise l'économiste, il faut s'attendre à en traverser une à tous les 10 ans. En 1980, ça a été les obligations de pacotille et, dans les années 1990, les bulles technologiques. En 2000, on est entré dans une ère de cupidité avec les hypothèques à risque et papiers commerciaux, sans oublier les mensonges sur les taux d’intérêt. Habituellement, ces périodes de récession durent un an, mais en raison des conjonctures actuelles, on peut penser que nous en avons pour un an et quart, un an et demi. Ensuite, les gens retrouveront confiance et l’économie reprendra son souffle.» Comme toujours.
«Les entrepreneurs actifs doivent privilégier des stratégies de développement qui correspondent aux attentes du marché.»
- Alain Jacques, président de l'APCHQ

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