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À propos d'affichage commercial

Article mis en ligne le 19 janvier 2009 à 12:30
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À propos d'affichage commercial
Monsieur le maire. J’ai eu le privilège de vous côtoyer bien avant que vous affichiez vos aspirations politiques. Vous m’avez donné l’opportunité de collaborer aux colloques annuels de la Fondation de l’Entrepreneurship que vous dirigiez avec brio. J’ai sûrement été l’un des premiers à vous encourager à poser votre candidature à la mairie de Québec après le décès de Mme Boucher.

Je vous ai soutenu car j’ai reconnu chez vous une propension à user efficacement d’une qualité essentielle à tout bon leader, le Gros Bon Sens (GBS). C’est cette capacité d’analyse qui consiste à prendre un peu de recul, à évaluer rapidement les tenants et aboutissants d’un dossier avant de décider de son devenir dans les cas où on doit avouer son ignorance ou un manque d’information pertinente par rapport au dossier en question. Ça nous évite parfois de «jeter le bébé avec l’eau du bain».

J’ai malheureusement la curieuse impression que votre administration est réticente à faire appel au Gros Bon Sens collectif dans l’analyse du dossier de l’affichage à Québec en ne distinguant pas et en traitant sur un même pied l’industrie des autres formes d’affichage (signalétique, électoral ou commercial). Nous sommes ici en présence d’un média d’information qui fait appel à la créativité et à l’innovation et qui fait preuve d’un grand souci d’éthique. Difficile d’imaginer que vous souhaitiez faire un cas d’exception de Québec en faisant disparaître à jamais cette industrie à Québec.

En effet, l’industrie de l’affichage publicitaire extérieur (je traite bien entendu du panneau publicitaire) est en soi un média dont le mandat est de diffuser des informations et des renseignements à vocation commerciale, de service ou sociétale. Non seulement l’affichage complémente-t-il certaines campagnes mais il en est souvent la cheville ouvrière. Les messages qu’il véhicule sont à coup sûr d’intérêt public.

On a parfois l’impression que cette idée de condamner une industrie qui a pourtant fait ses preuves a pris naissance dans les officines municipales mêmes. Dans les circonstances, on pourrait espérer qu’on puisse encore mettre le temps à profit pour refaire le tour du dossier au lieu de précipiter les choses et éliminer une industrie qui se suffit à elle-même, sans avoir recours au finances publiques, qui génère de revenus pour la municipalité et pour les propriétaires de terrains et immeubles où sont situés ces structures tout en soutenant plusieurs emplois. Et elle le fait écologiquement.

Le rôle de l’affichage publicitaire est reconnu quotidiennement dans nos sociétés. C’est la raison pour laquelle les clients des grandes sociétés d’affichage renouvellent leurs ententes avec leurs fournisseurs. C’est probablement les mêmes raisons qui poussent nos grands événements comme le Carnaval, le Festival d’été, les Grands Feux Loto-Québec et même… le 400e de notre ville à utiliser ce média pour promouvoir leurs activités.

Curieusement, au moment même où je vous livre mon opinion, nous apprenons que l’Office du tourisme de Québec lancera, le 2 mars prochain, une grande campagne publicitaire dans les marchés du Québec, du Canada anglais, des États-Unis et de la France. Cette campagne utilisera comme véhicule, certaines revues ou magazines et… les panneaux d’affichage des ponts Champlain et Jacques-Cartier et autres écrans du Montréal-métropolitain. Il me semble que je suis face à un double discours…. On utilise ailleurs ce que l’on bannit chez-nous. On refuse ce que l’on qualifie de pollution visuelle à Québec mais sans hésiter à s’afficher dans des communautés susceptibles de nous visiter. C’est à tout le moins incompréhensible.

Les journaux ont rapporté récemment que les entreprises d’affichage publicitaire ont clairement indiqué qu’elles étaient disposées à se prêter à un exercice de concertation avec la ville pour trouver un terrain d’entente qui satisfasse tout le monde.

Monsieur le maire, particulièrement au moment où des pertes d’emplois sont annoncées quotidiennement, l’heure n’est pas à condamner un média ou une industrie, avec tout ce qui peut en découler. Le GBS recommande que soit révisé le projet de réglementation à l’étude avant son adoption au printemps prochain. Pourquoi condamner une industrie florissante qui ne demande rien de mieux qu’harmoniser ses structures au reste du mobilier urbain. Des audiences publiques ont lieu ces jours-ci sur le projet d’harmonisation de la réglementation d’urbanisme de la ville et notamment sur ce dossier. J’ose croire que votre administration saura prêter une oreille attentive aux participants et corrige l’erreur avant même de la commettre.
Damien Rousseau, Québec

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