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Jean Pelletier : un bâtisseur s'éteint

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 15 janvier 2009 à 11:30
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Jean Pelletier : un bâtisseur s'éteint
Il est de bon aloi de se remémorer les bons côtés et les bons coups d'une personne à l'occasion de son décès. Cela va de soit, autant pour un proche parent que pour une personnalité publique. Ainsi donc, qu'on ait aimé ou pas les méthodes de l'ex-maire de Québec Jean Pelletier, emporté par le cancer la semaine dernière, il faut rendre hommage à ce politicien qui a marqué le destin de notre ville et contribué à rehausser son image.

Ancien journaliste puis haut fonctionnaire, M. Pelletier a été maire de la capitale de 1977 à 1989. Il a ensuite été chef de cabinet du premier ministre du Canada, dans les années 1990, puis haut dirigeant de la société d'état VIA Rail. Cependant, de tous les postes qu'il a occupés au fil de sa carrière, on se souviendra principalement de son arrivée à la tête de l'administration municipale de Québec. À l'époque, le centre-ville était dans un piteux état. La fin des années 1970 faisait la part belle aux banlieues, au détriment du cœur de la cité qui se tapissait de bâtiments placardés ou en ruine.

Bien que son style autoritaire pour lequel il mettait rarement de gants blancs aura égratigné plus d'un de ses contemporains, il faut reconnaître que certaines situations urgentes nécessitaient davantage des décisions que des tergiversations. Devant la désolation ambiante qui s'installait au centre-ville, le maire de l'époque aura agi énergiquement afin de renverser la vapeur au début des années 1980. Il aura donné le ton à la relance, qui fut le cheval de bataille de son successeur Jean-Paul L'Allier.

Si le projet immobilier avorté de la Grande Place ne fut pas l'étincelle requise pour revigorer Saint-Roch, on doit à Jean Pelletier l'amorce de la revitalisation des quartiers centraux. Le processus s'est enclenché avec sa démarche pour ramener les trains de passagers au centre-ville, ce qui a redynamisé les alentours de la Gare du palais. Ce sont ajoutés par la suite divers projets structurants, dont le Palais de justice, le Musée de la civilisation et la bibliothèque Gabrielle-Roy.

À l'annonce de son décès, les témoignages de reconnaissance à l'endroit de Jean Pelletier ont été nombreux. Parmi ceux-ci, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a insisté sur la stature et l'envergure du personnage politique, qui a consacré sa vie au service public et au rayonnement de la capitale. La chef de l'opposition au gouvernement du Québec, Pauline Marois, a pour sa part souligné qu'il laisse en héritage un large réseau de bibliothèques publiques. Pour l'actuel maire de Québec, Régis Labeaume, il représentait un mentor fort inspirant. Enfin, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a rappelé son rôle dans la création de l’Association internationale des maires francophones (AIMF). Autant de contributions qui méritent notre respect et notre sympathie à l'égard de celui qu'on porte en terre…

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