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Jean-Pierre Chamberland : celui qui développe l'élite québécoise sur le monticule

par Jean-Marc Pageau, collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 19 janvier 2009 à 8:40
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Jean-Pierre Chamberland : celui qui développe l'élite québécoise sur le monticule
Jean-Pierre Chamberland, responsable du cours de lanceurs à l’école Les Élites de Québec.
Jean-Pierre Chamberland : celui qui développe l'élite québécoise sur le monticule
Cette semaine, je vais vous paraître un peu curieux, car je vous entretiendrai de baseball. Avec des températures extérieures sous les -20C et plus d’une centaine de centimètres de neige déjà tombée, imaginez-vous qu’il y a du monde qui pratique le baseball à ce temps-ci de l’année! Jean-Pierre Chamberland est entraîneur de baseball et propriétaire d’une école spécialisée pour les lanceurs. J’ai eu le plaisir de le rencontrer.
Québec Hebdo - Quelles sont vos origines?
Jean-Pierre Chamberland - «Je suis originaire de Montréal. Je suis arrivé à Québec en 1971 et c’est ici que j’ai joué mon baseball mineur. Par la suite, je suis devenu entraîneur dans les petites équipes parce que j’aimais le baseball et je voulais faire du bénévolat. J’avais alors 17 ou 18 ans. J’ai ensuite dirigé des équipes d’élite dans le mineur. Fin des années 1980, j’ai arrêté pendant une bonne période (7 à 8 ans). En 1991, j’ai à nouveau eu la piqûre. Je pourrais dire que le succès de Denis Boucher dans les ligues majeures m’a remis un peu sur la carte puisque j’avais été son entraîneur auparavant. J’ai donc poursuivi ma carrière dans le baseball junior majeur à Québec.»
QH - Est-ce à ce moment que vous vous êtes spécialisé dans l’entraînement des lanceurs?
JPC - «J’ai toujours été fasciné par les lanceurs, probablement parce que c'était la seule position de joueur qu’un Québécois pouvait espérer pour atteindre les majeures. Aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire du baseball au Québec, ce sont des lanceurs qui se sont illustrés. On pense aux Piché, Maranda, Roy, Raymond et bien d’autres, qui ont goûté aux grands honneurs.»
QH - Pourquoi était-ce plus propice aux lanceurs?
JPC - «La raison est bien simple. C’était à l’époque, et aujourd’hui encore, la seule position que l’on peut pratiquer à l’année. Un lanceur peut s’entraîner dans un gymnase, pas un voltigeur. De plus, un lanceur n’a pas nécessairement besoin de performer offensivement. Si tu es un excellent lanceur, ça importe peu que tu frappes la balle. Je me suis donc spécialisé à entraîner les lanceurs 12 mois par année. Je suis allé assister et participer à des camps d’entraînement dans des ligues majeures et j’ai suivi des cours spécialisés pour les lanceurs. Je me suis vraiment donné à fond dans ce domaine.»
QH - Jusqu’au point de fonder une école ici à Québec!
JPC - «En fait, à ce moment-là, il n’existait pas d’école de lanceurs, ou du moins je n’en connaissais pas. Il existait déjà une école de baseball dirigé par Gilles Brindamour, l’école Les Élites, mais il n’y avait pas de section lanceurs. Nous sommes alors en 1993. Je me suis donc associé à cette école afin d’ouvrir un cours spécialisé pour les lanceurs. Les débuts ont été modestes avec 18 élèves, la deuxième année 60 élèves et la troisième au-delà d’une centaine de jeunes inscrits. Pendant plusieurs années, nous avions plus de 150 jeunes lanceurs inscrits. C’est énorme, quand on pense que chaque élève est vu et filmé individuellement et que nous apportons les correctifs nécessaires à son style. D’autant plus que ma clientèle se situe entre 8 et 18 ans. On n’enseigne pas de la même façon ni au même rythme à un jeune de 8 ans qu’à un gars de 18 ans.»
QH - Est-ce qu’il existe encore un engouement pour le baseball?
JPC - «Si on parle d’adhérents, c’est difficile de maintenir le cap. Les jeunes d’aujourd’hui ont une variété de sports auxquels ils peuvent adhérer. Le baseball au Québec est en chute libre. Heureusement, ici à Québec, il y a les Capitales qui sont un point de référence et un but plus accessible. Même si certains considèrent que c’est un sport en régression, il faut avouer que les infrastructures sont bien meilleures qu’elles étaient à l’époque. On n’a qu’à penser à l’école Cardinal Roy, qui offre l’option sport études. On n’avait pas ça autrefois. Je trouve qu’on a de meilleurs outils. Par contre, il y a beaucoup de carences au niveau de l’organisation. Ce n’est vraiment pas facile de trouver de bons entraîneurs, surtout au niveau mineur. Le baseball est aussi en compétition constante avec le soccer ou le football, ces dernières années.»
QH - Est-ce que Jean-Pierre Chamberland dirigera encore longtemps le cours de lanceurs de l’école Les Élites de Québec?
JPC - «Actuellement, je fonctionne une année à la fois. J’ai pris une importante décision cette année en réduisant le nombre d’élèves. J’ai formé seulement trois groupes de 25 jeunes. C’était devenu trop exigeant. Pour moi, c'est moins compliqué. Mon horaire est plus agréable et ça me permet d’avoir un peu plus de temps pour ma famille. Je vais analyser tout ça à la fin de l’année et je ne me fixe pas de limite de temps. Une chose est sûre, le baseball fera toujours partie de ma vie!»
QH - Jean-Pierre Chamberland est un vrai passionné de baseball. Des centaines de jeunes peuvent le confirmer. On a besoin de ce genre de gars pour aider notre jeunesse. Bravo à lui et espérons qu'il poursuivra son excellent travail.
* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)

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