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Cynisme politique

Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 20 janvier 2009 à 7:00
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Cynisme politique
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Beaucoup de citoyens s'abstiennent de voter parce qu’ils considèrent que les politiciens ne méritent pas notre confiance. Certains évènements tendent malheureusement à leur donner raison.
Ainsi, dans l’excellente série d’entrevues réalisées avec Jean Pelletier avant sa mort par Gilbert Lavoie du Soleil, on constate toute l’influence de M. Pelletier comme chef de cabinet de Jean Chrétien. On y découvre aussi un certain cynisme politique. Un exemple, le dépôt de la controversée Loi sur la clarté référendaire que Jean Chrétien avait décidé de faire au mois décembre parce que, avait-il dit à Jean Pelletier, «quand ça va venir à l’ordre du jour de la Chambre, les étudiants vont être en vacances et quand ça va s’étudier en janvier, il va faire trop froid pour que (Lucien) Bouchard sorte bien du monde devant la Colline». Autre exemple, questionné à savoir s’il s’était préoccupé, en 1995, de la Loi référendaire concernant le financement de certaines activités, la réponse de M. Pelletier est cinglante. «Non. Il y en a peut-être qui se sont posé ces questions-là, mais pas moi. Des ordres de marche, puis salut! Quand on est en guerre, va-t-on perdre le pays à cause d’une virgule dans la loi?».
Les cols bleus
La Ville et les cols bleus ont conclu une entente. Surprise, malgré les grands sparages du maire Labeaume sur le retrait des offres de la Ville s’il n’y avait pas d’entente avant le 15 décembre et la promesse que les prochaines augmentations n’entreraient en vigueur qu’à compter de la date de signature d’une convention collective, les cols bleus recevront une rétroactivité salariale de plus de deux ans à raison de 2 % par année en plus d’augmentations pour 2009 et 2010. Richard Côté, v.-p. du comité exécutif de la Ville, a confirmé que, malgré les promesses du maire, une enveloppe budgétaire avait quand même été prévue et «on fera des transferts». Ou bien le maire Labeaume est un politicien comme les autres, même s’il s’en défend, ou bien tout ça s’est fait dans son dos, ce qui serait surprenant. Devrons-nous croire ses promesses futures?
Crise et déficits
Durant leur campagne électorale, messieurs Harper et Charest nous ont expliqué que, malgré la crise économique, le Canada, d’une part, et le Québec, de l’autre, ne feraient pas de déficit pour l’année en cours ainsi que pour 2009-2010, en raison de l’excellente gestion de leur gouvernement respectif. Voilà maintenant que notre ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, nous parle d’un déficit pour plusieurs années à venir, déficit qui pourrait atteindre 40 G$ pour la seule année 2009-2010. Pour sa part, la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, n’exclut pas le déficit en 2009-2010. Pour limiter ce déficit, elle songe même à suspendre le versement au fonds des générations destiné à rembourser la dette. Pourtant, en campagne électorale, elle avait reproché à Pauline Marois de vouloir recourir à une telle mesure.

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