La faute aux fôtes!
(Réplique à la lettre de Robert Martel intitulée : «L’indépendance cent fautes»). Vous avez raison, M. Martel, le 31 décembre, les militants du RRQ dont je suis étaient «agités». Normal : nous étions ballottés par un flux continu de gens, la Grande-Allée était glissante et on gelait à pierre fendre. Ça rend un peu «maladroit», en effet. Vous essaierez d’ailleurs de distribuer un tract avec des gants; à mains nues, après quelques heures, mettons que ça rend nerveux. Disons que c’est plus difficile que de distribuer des choux lumineux multicolores, choux dont vous saurez sans doute, et ce dans votre français le plus pur, m’expliquer le rapport avec le 400e d’un peuple. À moins, bien sûr, que vous doutiez qu’il s’est agi, précisément, de la fête d’un peuple.
Vous avez tort cependant de qualifier mon prospectus de « gribouillis pitoyable ». Contrairement à ce que vous dites, j'y distingue bel et bien, mais attention c'est d’une rare subtilité, le drapeau du Québec de celui de Québec.
Par ailleurs, pour faire court, ma fôte de professeur de français aura été de changer à la dernière minute « décorations du 400e » pour « pavoisement » en oubliant de modifier le pronom et le verbe qui suivaient. Un accent circonflexe sur le a de « mât » m’a aussi échappé. Mea maxima culpa.
Il est très curieux M. Martel que vous ne vous indigniez pas que l’organisation du 400e ait nié l’identité québécoise pendant 365 jours et n’ait donné de l’Histoire de Québec qu’une version décorative en trimballant d’un événement à l’autre un Champlain ravalé au rang de mascotte alors que la moindre coquille dans un tract vous fait monter sur vos grands chevaux ! Pendant que vous êtes sur la ligne de front linguistique, vous laissez le gouvernement fédéral s’emparer de tout l’espace visuel du site sans partage d’aucune sorte avec les symboles québécois…
Quant au Mot de bienvenue à Paul McCartney, de Luc Archambault, je le signerais de nouveau demain matin : nulle part il ne dit qu’il s’oppose à sa venue, bien au contraire. Mais j’imagine que vous ne l’avez pas bien lu, lui non plus. (En passant, « Beatles », ça prend un « s »).
Jean-François Vallée, Réseau de résistance du Québécois (RRQ), Québec