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Capitaine tempête recherché

Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 13 janvier 2009 à 6:40
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Capitaine tempête recherché
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Les experts s’entendent, la Caisse de dépôt et placement du Québec ne peut attendre six mois avant que soit nommé son prochain capitaine alors que Richard Guay, successeur d'Henri-Paul Rousseau à la présidence de la Caisse, n’aura été en poste que quatre mois, dont deux en maladie.
Durant la dernière campagne électorale provinciale, le PQ et l’ADQ ont exigé que le premier ministre Jean Charest rende public les chiffres de la Caisse, allant jusqu’à prétendre que la baisse des marchés financiers grèverait ses actifs de 30 G$, et ce, sans compter les quelque 12 à 15 G$ de papier commercial adossé à des actifs (PCAA) à risque qu’elle détient. Ainsi, déjà sur la sellette, voilà que la Caisse de dépôt et placement, le «bas de laine des Québécois», vole de nouveau en pleine turbulence alors que plusieurs analystes se demandent s’il y a un pilote dans l’avion. Pire, le conseil d’administration de la Caisse veut prolonger de six mois la présidence par intérim de Fernand Perreault, laissant ainsi place à une période de flottement qui n’aurait pas sa raison d’être en temps normal et qui l’a encore moins durant une période de perturbations économiques.

Rappelons que la Caisse de dépôt est la plus importante institution financière du Québec. Elle a donc besoin d’un capitaine permanent, capitaine qu’une lourde tâche attend. Il devra revoir l’ensemble des stratégies de placement pour limiter l’hémorragie. Il devra aussi défendre le mauvais bilan anticipé par les analystes, tout en sécurisant et dynamisant les troupes à l’interne afin de s’assurer que les experts de la Caisse ne quittent le bateau pour aller naviguer sous des cieux plus cléments et rémunérateurs. Comme l’a fait l’ex-président Henri-Paul Rousseau, qui vient de joindre les rangs de Power Corporation. Le maintien de cette expertise est essentiel, car s’il veut éviter le naufrage, le nouveau capitaine ne doit pas avoir comme première mission de remplacer l’équipage.

Il peut être difficile de recruter des candidats prestigieux sans leur faire connaître la situation financière de la Caisse de dépôt, qui sera dévoilée le mois prochain. Des ententes de confidentialité à ce sujet peuvent être conclues avec les principaux candidats intéressants et intéressés. Au cours des 10 derniers mois, un comité de sélection a scruté plus de 120 candidatures avant d’opter pour Richard Guay. Les curriculum vitae de ces candidats n’ont sûrement pas changé au point qu’on ne puisse en faire une mise à jour rapide et procéder à l’embauche d’un dirigeant compétent, qui saura faire fructifier les actifs de la Caisse.

Une fois que le nouveau capitaine aura été choisi et qu’il aura remis le navire à flot, il sera toujours temps de faire le bilan de l’administration Rousseau qui semble avoir été moins flamboyante que l’était l’individu. Quand la tempête gronde, il est plus important d’y faire face que de savoir d’où elle vient.

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