Ginette Guay-Defoy, directrice générale de la YWCA de Québec.
Ginette Guay-Defoy : un cheminement particulier vers l'entraide aux femmes
En cette nouvelle année 2009, je vous souhaite la paix, le bonheur et surtout la santé. Je ne peux par contre m’empêcher de penser à ces gens pour qui la vie n’est pas toujours facile et qui ont besoin de notre aide. J’ai beaucoup d’admiration pour les personnes qui consacrent leur temps et leur énergie à venir en aide aux plus démunis ou à ceux qui traversent une période difficile de leur vie. C’est donc imprégné de ce sentiment que je vous fais part de ma rencontre de la semaine avec la grande responsable de la YWCA de Québec, organisme qui soutient, depuis plus d’une centaine d’années, les femmes en difficultés de notre ville. Ginette Guay-Defoy est une autre de ces femmes passionnées ayant le cœur sur la main!
Québec Hebdo – Quelles sont vos origines et votre parcours?
Ginette Guay-Defoy - «Je suis une femme de Québec, qui est née à Québec et qui a grandi à Québec! Je suis l’aînée d’une famille de six enfants et j’ai rêvé de devenir médecin, mais notre condition familiale ne me l’a pas permis. Après mes études, la vie a fait en sorte que je me suis retrouvée à travailler dans le domaine de la commercialisation et du sondage. Après plusieurs boulots dans ce domaine, j’ai enfin trouvé ma voie! De médecin dont je n’ai pu être, alors que j’aurais pu soigner et aider mon prochain, la vie m’a permis de trouver cet endroit où j’ai toutes les possibilités d’aider et de soulager, à la mesure de nos moyens, celles qui en ont besoin.»
QH - Quel a été le déclencheur pour en arriver à la YWCA?
GGD - «C’est drôle à dire, mais je rends hommage à Club Price qui m’a remercié de mes services lors d’une restructuration de la compagnie. Du jour au lendemain, je me retrouve au chômage dans une période plutôt difficile de ma vie et alors que mon conjoint était aussi sans emploi. Nous avions deux adolescents à la maison et comme un malheur n’arrive jamais seul, j’ai perdu mes beaux parents à quinze jours d’intervalles! Ç’a été vraiment de longs mois difficiles. La vie nous amène parfois des situations qui nous imposent des choix. Je pense que ce qui est arrivé à ce moment a été le déclencheur de la suite des choses qui fait, qu’aujourd’hui, je suis dans la fonction que j’occupe ici.»
QH - Pourquoi avoir choisi la YWCA?
GGD - «Je n’ai pas choisi la Y. Au départ, je suis allée travailler pour Leucan. J’y suis restée pendant quatre ans. Je suis une bâtisseuse, j’aime les défis! À Leucan, j’avais donc tout un défi à relever en mettant sur pied tous les outils de financement et de communication. L’organisme était, à cette époque, bien outillé pour rendre des services aux familles, mais très mal servi sur le plan des ressources financières. On n’est parti pratiquement de rien, pour en arriver à créer une structure financière solide et qui va aider à traverser les années. C’est donc après ces quatre années au service de Leucan que j’ai reçu un appel d’une personne spécialisée dans la recherche de personnel - un chercheur de tête - qui me connaissait bien et qui m’a offert de postuler pour l’emploi de directrice générale de la YWCA de Québec. Un autre beau grand défi puisqu’à ce moment-là, cet organisme était en difficulté et menacé par la faillite. J’ai plongé. Cela n’a pas été facile au début, mais j’y suis toujours après 13 ans!»
QH - Qu’est-ce que la YWCA de Québec?
GGD - «Je vous traduis cela en une phrase très courte. LA YWCA AIME PASSIONNÉMENT LES FEMMES DEPUIS 133 ANS À QUÉBEC! Cet organisme a d’abord été un foyer d’accueil et d’hébergement pour les femmes qui arrivaient en ville, dès son ouverture en 1875. Nous avons toujours conservé cette partie de notre mission. Aujourd’hui, nous sommes une organisation qui a su s’adapter aux besoins des femmes et qui accompagne les femmes dans la découverte de leur plein potentiel. Et cela, aussi bien avec la femme dont la vie bascule à qui on propose des outils concrets de réinsertion sociale, qu’avec madame Tout-le-Monde qui vient ici pour suivre un cours de conditionnement physique ou d'autres activités sportives, de langue ou d’informatique. Nous sommes aussi un organisme qui offre aux femmes des formations et du mentorat leur permettant de découvrir qu’elles ont du leadership et les aidant à l’exprimer sur les conseils d’administration.»
QH - Qui est votre clientèle?
GGD - «Nous avons différentes sortes de clientèles. Nous avons une clientèle de femmes en grandes difficultés et qui s’adressent à l’un ou l’autre de nos programmes d’hébergement. Nous pouvons dépanner celles qui se retrouvent à la rue seules ou avec ses enfants, pour des périodes allant jusqu’à 30 jours. Nous offrons aussi un programme de réinsertion sociale pour les femmes en itinérance. C’est le seul programme de Québec qui offre cette façon-là d’accompagner les femmes vers leur autonomie. Nous avons aussi une résidence pour des séjours allant jusqu’à trois ans, afin de permettre aux femmes de reprendre pied dans leur vie. Tous nos services d’hébergement affichent presque complet à l’année!»
QH - Qu’est-ce que la population peut faire pour vous aider?
GGD - «Se débarrasser de ce qui l’encombre chez elle! Ici, nous avons deux points de services où on vend du matériel usagé, que ce soit des vêtements ou des objets de toutes sortes. Nous transformons ce que les gens nous donnent en dollars, qui sont ensuite injectés dans notre organisation pour soutenir l’ensemble de nos programmes. On peut aussi venir faire du bénévolat ou encore nous faire un don. Tous nos revenus servent à améliorer le sort des femmes démunies. J’aime à penser qu’on soulage la souffrance et la détresse, mais j’aime aussi à penser que, d’un autre côté, on encourage les femmes à exprimer leur leadership. Pour moi, notre façon de travailler est positive et non juste curative. Elle se veut préventive et en amont des problèmes. J’ose croire que la YWCA sera toujours là pour amener les femmes à découvrir leur plein potentiel.»
QH - Mme Guay-Defoy est vraiment une passionnée! J’aurais encore tellement de choses à vous raconter relativement à cette rencontre, mais l’espace me manque. Je vous promets par contre que dans une prochaine rencontre, je vous informerai sur un des projets qui tient énormément à cœur à Mme Guay-Defoy, soit le grand gala des femmes de mérites qui aura lieu au printemps 2009. D’ici là, je vous invite fortement à aider la YWCA (Young Women's Christian Association) de Québec, qui apporte soutien et réconfort aux femmes de Québec depuis plus de 130 ans!
* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)