Méprise sur les événements
Monsieur le maire Labeaume, en mettant sur pied le «Fonds des événements», vous faites preuve d'esprit d'initiative, mais vous contribuez à déformer le sens du mot «événement».
Habituellement, le mot s'applique à des faits passés qui ont eu une grande portée. On peut l'utiliser aussi en ayant l'avenir à l'esprit mais d'une manière toute théorique et même éloignée des aspects concrets et terre à terre, pratiques ou descriptifs. On a connu à Québec un journal qui s'appelait l'Événement. On y résumait les événements passés et on y annonçait des activités qui, à l'appréciation de tous, peuvent être considérés après coup comme des événements. On peut parler des événements qui surviendront en 2009 mais en demeurant au niveau des généralisations.
Il faut trouver une autre appellation. On ne subventionne pas des événements. Ils arrivent d'eux-mêmes. Ils arrivent, dit-on dans les dictionnaires. Mais on peut appuyer financièrement une entreprise, des organisateurs, un congrès, une compétition sportive, une commémoration, ou même des activités. On est alors au niveau des pâquerettes.
Monsieur le maire, il faut agir le plus rapidement possible. Les virus lexicaux se propagent rapidement. Déjà, on croit «photographier» des événements, en déplacer, en modifier l'horaire, en organiser. Il faut revenir au sens vrai du mot et trouver une solution de rechange.
Gaston Bernier, président de l'Association pour le soutien et l'usage de la langue française (ASULF)