Véritables amis des animaux
Selon une récente étude StatHebdo réalisée pour l'Association des hebdos du Québec auprès de 30 000 répondants, quelque 35 % des ménages québécois hébergent au moins un chat à la maison tandis que 26 % abritent au moins un chien. Si bien que le sondage mené auprès de 125 localités était coiffé du titre «le Québec meilleur ami des animaux de compagnie». Toutefois, certains faits marquants de l'actualité soulèvent des questions quant au réel amour que notre société porte à ces petites bêtes sans défense qui ne demandent qu'un toit pour faire le bonheur de toute une famille.
En effet, lorsqu'on observe à répétition dans les médias des cas de chenils en piteux état au point d'inspirer une série de reportages sur les «usines à chiots», on peut douter du respect accordé à ces amis canins et félins de l'homme. La déception s'accentue lorsque survient un épisode de disparitions mystérieuses et successives de chats, comme ce fut le cas à l'automne du côté de Charlesbourg. Pareils rapts, pour la fourrure ou l'expérimentation en laboratoire ou encore le simple plaisir malfaisant, sans songer à la peine qu'on inflige à ce grand parent oublié des siens qui dorlote ce fidèle compagnon pour apaiser son existence aussi bien qu'à ce jeune enfant qui a trouvé réconfort la nuit dans cette boule d'énergie ronronnante, en disent long sur la cruauté qui anime certains concitoyens.
Au doute et à la déception que suscite l'inhumanité de certains êtres pourtant dotés de l'intelligence, caractéristique suprême dans la hiérarchie naturelle, s'ajoute l'incrédulité lorsqu'on s'informe de la situation auprès de la Société protectrice des animaux (SPA) de Québec. De fait, l'organisme a reçu cette année près de 10 000 petites bêtes à poils ou à plumes. De ce nombre, plus de la moitié des animaux recueillis ont été euthanasiés parce que trop vieux, sauvages, malades ou simplement rejetés une fois l'élément nouveauté estompé. Seul aspect encourageant, 45 % des pensionnaires de la SPA sont soit retrouvés ou adoptés par de véritables amis des animaux.
Un philosophe de l'Antiquité estimait qu'on pouvait avoir une bonne idée de la maturité d'un peuple à la façon dont il traite ses animaux. On peut se demander l'impression qu'il aurait de notre société moderne…