Le chalet pour les patineurs du parc Véga coute autant à la Ville que le maintien de la patinoire du parc des Musiciens pour les 75 prochaines années. (Photo Luc Fournier)
Quand les infrastructures sportives nuisent au sport
Le déménagement de la patinoire Saint-Claude aura monopolisé le conseil d’arrondissement de La Haute-Saint-Charles, lundi. Quelques jeunes hockeyeurs ainsi que plusieurs parents s’étaient donné le mot pour contester la décision administrative votée au début de l’été qui prévoyait le déménagement de la patinoire Saint-Claude dans le parc Véga, à deux kilomètres plus au sud. Une entrevue avec Steeve Verret, le président de l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles, aura toutefois révélée que l’histoire de ce morceau de glace n'est peut-être que la pointe de l'iceberg.
Rares auront été les assemblées d’arrondissement aussi houleuses. Son président, Steeve Verret, a d’ailleurs dû menacer à quelques reprises les citoyens de clore le conseil, devenu chaotique par moments.
C’est que les citoyens trouvent injuste que la seule installation sportive du secteur ferme au profit des installations du parc Véga pour sauver quelque 6000$. Dans ce dernier parc, la construction d’un abri où se trouvent des endroits pour se changer ainsi que des installations sanitaires est d’ailleurs presque terminée. Un projet qui aura coûté aux contribuables la coquette somme de 450 000$, soit ce qu’il en faudrait pour préserver la glace de l’école Saint-Claude pour les 75 prochaines années.
Toutefois, on ne peut faire de corrélation entre les deux projets, ceux-ci tirant leur financement de deux enveloppes distinctes. Tandis que la glace du parc des Musiciens de l’école Saint-Claude est financée par l’arrondissement, forcé de faire des compressions additionnelles chaque année, les installations du parc Véga sont plutôt du ressort de la Ville de Québec.
Des normes qui font exploser le coût des projets
Selon Steeve Verret, la cabane d’un demi-million construite au parc Véga n’a pourtant rien d’extraordinaire. C’est seulement que les normes de la Ville sont parfois tellement pointues que les coûts d’installation ou de rénovation de leurs bâtisses deviennent exorbitants. Et ce sont des normes que la Ville s’impose elle-même!
Outre cet exemple patent, il y a celui de l’église St.Paul, qui aura finalement trouvé preneur chez des promoteurs du privé. La Ville avait projeté d’acheter et de remettre aux normes l’endroit, un projet d’au moins 800 000$. Ce sera finalement le projet privé financé par Lynda Lemay qui prendra place dans l’ancienne Église anglicane. Selon la sœur de la chanteuse et promoteur, France Lemay, il est probable que la facture tourne autour de 400 à 500 000$, soit environ la moitié de ce qu’il en aurait coûté si la Ville avait pris en charge le projet.
Le président de l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles a aussi parlé au représentant de L’ACTUEL de projets construits dans d’autres villes et qui sont parfois financés en partenariat avec le privé (PPP), ce qui permet d’être moins strict sur lesdites normes et ainsi sauver parfois jusqu’à la moitié des coûts de grands projets sportifs. "C'est pourquoi je supporte l'initiative de M. Labeaume dans son projet d'aréna à deux glaces dans l'est de la Ville", a souligné M. Verret.