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Non! Je ne veux pas que mon école ferme!

Nicolas Bégin par Nicolas Bégin
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Article mis en ligne le 10 décembre 2008 à 8:50
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Non! Je ne veux pas que mon école ferme!
Pendant que mes élèves écrivaient leurs lettres dénonçant la fermeture de l’école Notre-Dame-de-Foy, j’ai cru bon leur donner l’exemple en faisant comme eux. Je rapporterai en résumé leurs inquiétudes et je ferai un résumé du texte que j’ai écrit.

Mes élèves ont ouvert leur cœur sur papier et ont confié que si l’école ferme, ils seront déçus, tristes et fâchés. Ils aiment leur école parce qu’ils s’y sentent bien. Ils ont peur, ils sont nerveux et inquiets. Ils ont travaillé fort pour gagner leurs beaux modules de jeux sur la cour de récréation qu’ils ont vu naître et s’embellir au fil des jours. Ils veulent continuer de marcher pour s’y rendre car certains habitent tout près. Mais la plus grande peur, c’est de perdre leurs amis.

Ça peut paraître banal pour les adultes que nous sommes, on dit des enfants, trop souvent à tort, qu’ils ont une grande capacité d’adaptation, mais pourquoi leur faire vivre autant d’insécurité? Ils en ont déjà assez sur les bras question d’adaptation, avec l’éclatement des familles où valise à la main, ils pleurent les pertes et les deuils à faire. On leur en met large sur leurs petites épaules. J’espère que les enfants de ma classe auront une grande joie en apprenant que leur école de quartier sera secourue l’an prochain comme l’a été l’an passé leur cour de récréation.

J’aime mon école parce qu’ici, je me croirais en voyage à longueur d’année scolaire. Quand je sors sur la cour d’école, je vois 30% de visages d’ailleurs, de pays lointains, des yeux en amande, des peaux bronzées même l’hiver, des traditions et des valeurs multicolores à partager. Tous ces enfants différents, je les vois jouer, s’amuser ensemble au ballon, à la corde à danser en chantant des comptines en français, en anglais et en espagnol. Ils socialisent, ils créent des liens et apprennent l’un de l’autre la tolérance et le respect des différences, et ce, à la grande école de la vie. Un Programme d’étude international réel avec du vrai monde d’ailleurs dedans!

Je ne veux pas que mon école meurt. Mon rêve serait de voir ici la naissance d’une école multiculturelle, une école idéale où élèves et parents se côtoieraient pour apprendre. On y trouverait des traducteurs. Les parents et les élèves suivraient des cours de français ici. Nous pourrions donc facilement rencontrer les parents afin de les informer de l’évolution de leur enfant puisqu’ils suivraient leurs cours de francisation eux aussi à notre école. Les locaux libres pourraient aussi accueillir les plus petits de la famille si l’on ouvrait une garderie ou un centre de la petite enfance. N’est-ce pas cela accueillir et souhaiter bienvenue? N’est-ce pas cela communiquer et apprendre à communiquer cette belle langue française que l’on ne cesse de valoriser?

Des partenaires pourraient aussi faire partie du projet : CLSC, aide communautaire, Conseil de quartier…ministère de l’Éducation et du Sport, ministère de l’Immigration, Commission scolaire des Découvreurs, Ville de Québec, Mieux-être des Immigrants, Centre de francisation, etc. Nous pourrions publiciser et promouvoir notre secteur parce qu’il y a quelque chose de beau et de grand à faire pour jouer un rôle humanitaire au sein de la communauté immigrante et de la communauté qui l’accueille.

Est-ce que je rêve en couleurs? Elder Camara, archevêque, a écrit : «Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité.» J’espère fortement que plusieurs personnes font le même rêve que moi.

L’école aura 60 ans en 2009 mais aurons-nous la chance de célébrer son anniversaire? C’est la plus vieille école primaire de Sainte-Foy, elle a son droit d’aînesse. Si on l’avait fêtée cette année, lorsqu’elle aurait soufflé les bougies, j’espère que son souhait aurait été de rester vivante encore longtemps.

J’ai toujours la passion de l’enseignement et c’est à l’école Notre-Dame-de-Foy que j’aimerais finir ma carrière. J’ai la foi que je ferai en ses murs mes derniers pas à titre d’enseignante. D’ici à ce que je prenne ma retraite, je souhaite que l’école se démarque et si toutefois, mon rêve d’école multiethnique se réalise, j’aurai la fierté d’y avoir laissé ma marque, si petite soit-elle.
Johanne Fournier, enseignante en 3e année

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