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Les étudiants boudent l’industrie du bois

Le taux de placement est pourtant excellent et les salaires compétitifs

Luc Fournier par Luc Fournier
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Article mis en ligne le 5 décembre 2008 à 14:44
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Les étudiants boudent l’industrie du bois
La salle d’affutage est bien silencieuse. Aucun élève n’est inscrit dans ce cours cette session. (Photos Luc Fournier)
Les étudiants boudent l’industrie du bois
Le taux de placement est pourtant excellent et les salaires compétitifs
De passage à l'École de foresterie et de technologie du bois de Duchesnay – près de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier – pour le lancement du portail Accès-Bois, une école presque vide attendait les visiteurs. Le nouvel établissement de 16 M$ inauguré en 2001 accueille peu d’élèves. Dans la salle d’affûtage, aucun bruit. Aucun élève n’est inscrit dans ce cours cette session. En sciage et classement, c’est trois élèves qui se sont inscrits cette année, comparativement à plus d’une trentaine il y a dix ans. À l’époque, on donnait aussi des cours du soir. Ça a bien changé depuis et plusieurs raisons expliquent le phénomène.
L’industrie du bois n’est pas à son meilleur. Pourtant, le taux de placement est encore excellent, et les salaires compétitifs. Mais le secteur souffre d’une mauvaise presse, croit le directeur de l’école, Luc Tremblay.

Est-ce la demande moins forte ou la possibilité de se procurer du bois qui pose problème? «Un peu des deux, croit ce dernier. Les CAAF (Contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier) sont très bas et le bois de la Colombie-Britannique a inondé le marché avec des produits à faibles coûts. Au Québec, le bois est plus petit et plus loin.»

Le prix de l’essence et la hausse du dollar pourraient aussi avoir joué en défaveur de l’industrie au Québec.

D’autre part, les planchers flottants, qui connaissent une grande popularité, proviennent souvent de pays asiatiques. Encore là, ce sont des ventes de bois québécois en moins.

Paradoxalement, la bonne performance de certaines usines dotées de technologies supérieures aurait des effets dévastateurs pour les plus petits, qui deviennent non compétitifs.

Selon un spécialiste, les petites entreprises qui vont survivre sont principalement celles qui vont innover le plus et se spécialiser. Il leur faudra trouver une façon unique de mettre en marché leur produit.

Questionné sur le désir de quelques candidats aux élections provinciales de fabriquer des installations majeures en bois – comme ont suggéré certains chefs pour ce qui est d’un éventuel colisée à Québec –, le directeur de l’école de foresterie croit que l’avantage principal qu’aurait cette réalisation est de valoriser l’industrie, à défaut de la relancer.

Les forestiers croient aussi que beaucoup trop de gens consomment moins de bois pour des questions environnementales. Pourtant, pour fabriquer des matériaux de construction en métal, il faut la plupart du temps brûler du pétrole. «Il y a un manque de cohérence, croit un forestier présent lors de la visite. Les gens veulent consommer moins de bois, mais en même temps, leurs maisons sont faites en grande partie de ce matériau. C’est comme la personne qui s’oppose à la chasse mais qui mange du poulet. Il vient de quelque part, ce bois-là!».

Les stratégies de protection et de l’industrie entrent aussi en conflit, ce qui ajoute aux difficultés. L’industrie cherche du bois mature, mais en même temps, les zones protégées sont souvent celles qui contiennent ce même bois mature.

Au sujet des échos encore perceptibles du film de Richard Desjardins, l’<@Ri>Erreur boréale<@p>, les gens rencontrés s’entendent pour dire que les temps ont changé et que la foresterie s’est raffinée depuis lors.

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