Même si Alexia est en bonne santé aujourd’hui, elle pense parfois à quel point elle a été chanceuse d’avoir pu recevoir des transfusions de sang.
(Photo Thaïs Martel)
Collecte de sang à l’École de l’Accueil
Donner au suivant
«Du sang, ça peut sauver une personne, ça ne s’achète pas. Le sang c’est la vie», affirme Alexia Gagnon-Rouleau. Il faut dire que la fillette de 10 ans, toute menue mais pleine de vie, parle en connaissance de cause. Elle est née après seulement 27 semaines de grossesse à cause d’une éclampsie dont a été victime sa mère, Lyne Gagnon. Alexia pesait alors à peine plus de deux livres et elle avait besoin de l’assistance d’un respirateur.
Alexia doit la vie à des gens qu’elle ne connait pas : des personnes qui ont donné du sang il y a dix ans, lui permettant de recevoir un total de cinq transfusions peu de temps après sa naissance. Aujourd’hui, avec sa classe de 5e année de l’École de l’Accueil à Saint-Émile et en collaboration avec Héma-Québec, elle se prépare à rendre la pareille à d’autres en organisant une collecte de sang qui aura lieu le 10 décembre.
Les prématurés comme Alexia sont souvent pris dans un cercle vicieux : les multiples piqures que doivent leur faire les médecins pour pouvoir pratiquer différents tests causent souvent de l’anémie chez le bébé qui doit alors recevoir du sang pour compenser l’appauvrissement en fer. «C’était facile de voir quand Alexia avait besoin d’une transfusion : son teint devenait très pâle et elle avait de la difficulté à respirer. Sans transfusion, elle ne serait pas là aujourd’hui. Si le sang est pauvre, on ne peut plus vivre», raconte sa mère.
Alexia est née le 22 septembre mais elle n’a pu sortir de l’hôpital que le 17 janvier. Selon Mme Gagnon, elle aurait pu passer Noël à la maison si les dons de sang ne s’étaient pas faits plus rares pendant la période des fêtes, comme c’est le cas chaque année. «Avant de fêter, allez donner du sang, comme ça une maman quelque part aura peut-être la chance d’avoir sa petite "pitoune" avec elle pour Noël», encourage Mme Gagnon.
Héma-Québec à l’école
Isabel Tremblay, professeure de 5e année qui enseigne à Alexia, a compris le message. C’est elle qui a mis sur pied le projet de collecte qui aura lieu le 10 décembre de 14h30 à 20h30 dans le gymnase de l’école avec la collaboration avec Patrice Cantin d’Héma-Québec. Ce dernier se rend dans les classes qui le souhaitent pour organiser des collectes. «Quand on va voir des jeunes en classe, ils sont intrigués et amusés, ils sont intéressés à sauver des vies. Quand on leur dit que chaque poche de sang recueillie sauve quatre vies, ils prennent conscience qu’il n’est pas nécessaire d’être Superman et de porter une cape pour sauver des vies», relate M. Cantin.
L’expérience d’Héma-Québec a démontré que les enfants sont d’excellents recruteurs. «C’est un bon projet, tout le monde trouve ça important», résume simplement Alexia. Heureusement car c’est eux qui sont en charge de concevoir les affiches promotionnelles, de recruter des donneurs via leur famille et leurs amis, de contacter les médias, les entreprises et les commerces du secteur et de distribuer des brochures. Et le jour de la collecte, ce sont encore eux qui deviennent les bénévoles qui assistent Héma-Québec.
Cette année seulement, une trentaine de collectes de ce genre seront organisées sur tout le territoire de la ville de Québec dont une le 23 janvier à la Polyvalente de Neufchâtel et une autre le 5 février à l’École de l’Aventure de Loretteville.
Rappelons que chaque 80 secondes, une personne est transfusée au Québec pour un total de 80 000 personnes transfusées annuellement. Pour assurer le maintien de la réserve de sang à un niveau optimal et sécuritaire, Héma-Québec a besoin de 1000 poches quotidiennement.