M. Ghyslain Picard, chef régional des Premières Nations du Québec et Labrador.
Les Première Nations enclenchent un processus unilatéral d’affirmation
Au terme de trois jours de discussions tenus au Château Bonne Entente de Québec, l’assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, qui regroupe les chefs de dix nations autochtones de ces deux territoires, a décidé de passer à l’action et d’enclencher un processus unilatéral commun d’affirmation de leur souveraineté sur leur territoire.
Ce mécanisme d’affirmation de souveraineté, qui reposera sur les ordres juridiques propres aux Premières nations ainsi que sur droits reconnus à l’étranger et sur le droit international, prévoit l’adoption au cours des trois prochains mois de mesures concrètes de mise en œuvre du droit à l’autodétermination des peuples autochtones ainsi que l’adoption d’un plan stratégique de mise en oeuvre du droit inhérent à l’autonomie gouvernementale. Une mission de réédification des nations autochtones, qui prônera la pleine participation de tous les membres de leur société civile, en reconnaissant une véritable citoyenneté, figure aussi dans cette stratégie d’affirmation de souveraineté. Enfin, l’adoption de politiques et la mise en œuvre d’actions confirmant la souveraineté autochtone sur la gestion de leurs territoires ancestraux et leurs ressources figureront aussi dans ce mécanisme d’affirmation de souveraineté.
«Devant l’échec des négociations ayant eu cours depuis plusieurs décennies avec les gouvernements du Québec et du Canada dans le but d’obtenir la reconnaissance d’une telle souveraineté sur leurs territoires ancestraux, qui correspondent somme toute à l’ensemble du territoire de la province de Québec et du Labrador, les chefs ont convenu de passer à l’action» expliquait alors le chef régional des Premières nations du Québec Labrador, M. Ghislain Picard.
«Assez c’est assez, les gouvernements doivent arrêter d’agir comme si nous n’existions pas, comme si nous n’avions aucun droit sur le territoire» poursuit M. Ghislain Picard, qui déplore: «le fait que Jean Charest continue d’annoncer son fameux Plan Nord, sans tenir compte de ce que nous avons dit, sans comprendre que le territoire est le nôtre et que nous n’acceptons pas, nous n’acceptons plus, d’être contournés dans le développement du territoire et de ses ressources».
«Le 22 octobre dernier, dans le cadre de la Commission parlementaire sur le régime forestier, nous avions promis des actions, je vous annonce aujourd’hui qu’il y en aura» de poursuivre M. Picard, qui invita les Québécois désireux d’obtenir l’autonomie pour leur nation de s’allier aux peuples autochtones du Québec et du Labrador.
L’appui des autres nations amérindiennes du Canada devrait finalement être obtenu lors d’une assemblée spéciale des Premières Nations du Pays, au début du mois de décembre.