Coordonnateur économie et environnement à la SODES, David Bolduc a rassuré quant aux préoccupations environnementales de l'industrie maritime, lors d'une conférence prononcée à l’occasion du 2e Apéro allant-vert au Musée de la Civilisation
Code de bonnes pratiques environnementales des entreprises maritimes
La SODES réalise une première nord-américaine
Initiative méconnue, plus de la moitié des activités maritimes qui ont présentement cours sur le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs sont régies par un code de bonnes pratiques environnementales.
Cette réalité a été dévoilée par David Bolduc, coordonnateur économie et environnement à la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES), à l’occasion du 2e Apéro allant-vert, organisé par la firme en écoconseil Takt-etik, mercredi dernier au Musée de la Civilisation. Basé à Québec, l'organisme joue pour l’industrie maritime un rôle comparable à celui tenu sur terre par les Chambres de commerce.
M. Bolduc a indiqué que les différentes composantes de l’industrie maritime avaient convenu d’implanter un programme volontaire de politiques et de mesures agroenvironnementales, identifié du nom de l’Alliance verte. Le consensus est survenu au terme d’un long processus de consultation réalisé dans le cadre du Plan Saint-Laurent. À ce jour, 43 entreprises, armateurs, autorités portuaires, propriétaires de terminaux, compagnies d’arrimage, agents maritimes et expéditeurs ont adhéré à l’Alliance Verte.
Six grands enjeux
Initiative unique en Amérique du Nord, depuis un an l’Alliance verte vise à renforcer les performances environnementales du transport maritime. On espère ainsi réduire son empreinte environnementale par un processus d’amélioration continue auquel les différents intervenants de l’industrie maritime sont invités à adhérer.
En ce sens, l’Alliance verte et son comité directeur, qui regroupe notamment des présidents de ports et de compagnies maritimes ainsi que des représentants de groupes écologistes, proposent à l’industrie de se mobiliser autour de six grands enjeux environnementaux, soit ceux des espèces envahissantes aquatiques, des émissions atmosphériques polluantes, des gaz a effet de serre, des résidus de cargaison, des eaux huileuses et, finalement, des conflits d’usage dans les ports et terminaux.
Pour chacun de ces six grands enjeux, des mesures correctives sont proposées. L’Alliance verte recommande, par exemple, aux armateurs d’échanger leurs eaux de ballast en mer ou de les traiter pour éviter l’introduction et la prolifération des espèces envahissantes comme les moules zébrées dans le Saint-Laurent et les Grands Lacs, de réduire la vitesse de leur bateau et d’investir dans l’achat de carburant de meilleure qualité pour réduire les émissions polluantes, ou encore, d’instaurer des procédures de contrôle et de vérification pour éviter le mélange huile et eau dans les salles de machines.
Certification environnementale
L’ensemble de ces mesures fera par la suite l’objet d’un processus d’évaluation et de vérification externe, dont les résultats seront rendus publics dans un rapport annuel et qui, à terme, mènera à l’obtention d’un sceau de certification environnementale. Cette certification représentera pour leurs titulaires un atout indéniable voire indispensable pour faire des affaires avec des grandes compagnies comme IKEA ou Wal-Mart, qui exigent des entreprises avec lesquelles elles font affaire de détenir une certification environnementale.
À la fois pour l’industrie maritime et pour la planète, l’Alliance verte se veut une solution d’avenir. Le fait qu'elle obtienne l’adhésion d’importantes entreprises et organismes, comme la Canada Steamship Lines, la Corporation de développement de la voie maritime du Saint-Laurent ou la Société des traversiers du Québec, démontre sa pertinence et son sérieux.