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Yvon Sanche : La piqûre pour l'art de la scène le mène à la tête du Théâtre Lafenière

Un des plus vieux théâtres d'été au Québec

par Jean-Marc Pageau, collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 17 novembre 2008 à 7:35
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Yvon Sanche : La piqûre pour l'art de la scène le mène à la tête du Théâtre Lafenière
Yvon Sanche est passionné par l'art de la scène et souhaite de tout cœur qu'on assure la pérennité du Théâtre Lafenière, un des plus vieux théâtres d'été au Québec.
Yvon Sanche : La piqûre pour l'art de la scène le mène à la tête du Théâtre Lafenière
Un des plus vieux théâtres d'été au Québec
Cette semaine, j’ai rencontré un de mes bons vieux amis, Yvon Sanche. Yvon a travaillé toute sa vie dans le merveilleux monde du théâtre au Québec. À 73 ans, il est toujours président du théâtre Lafenière, le plus vieux théâtre d’été au Québec, et président de la Société scénographique Sanche. Histoire de faire un peu différent cette semaine, j’ai demandé à Yvon Sanche de me résumer sa vie en sept décennies. Quels ont été les faits marquants de sa vie en sept tranches de dix ans! Pour un homme aussi passionné et bourreau de travail, c’est tout un défi de concision et, évidemment, j'ai dû me résoudre à résumer chacune des étapes de son parcours.
Québec Hebdo – Quels ont été les faits marquants de ta vie entre 0 – 10 ans?
Yvon Sanche - «Je suis né dans une famille de théâtre. Depuis 1884 que mon grand-père faisait du théâtre amateur et mon père a pris la relève. J’ai vu mon père joué jusqu’en 1941, alors que la Deuxième Guerre faisait rage. En fait, je pourrais même dire que ça a commencé avant ma naissance puisque ma mère a joué au théâtre alors qu’elle me portait. J’ai dû avoir un coup de foudre pendant que j’étais en gestation! Je suis né dans la région de Hull. Nous étions une famille de huit enfants. Mon père travaillait pour la Gendarmerie royale. En 1941, alors que j’avais six ans, mon père a été muté à Montréal. J’ai donc fait mes études dans la métropole. J’ai eu une enfance des plus heureuses.»
QH - De 10 à 20 ans?
YS - «Je n’étais pas un élève modèle! Même que je ne réussissais pas très bien à l’école. Ce qui m’a marqué dans cette période, c’est la recherche de ce que je désirais faire dans la vie. Mon père me disait toujours : “fais ce que tu veux, mais il faut que tu aimes faire ce que tu choisis”. Je me suis alors inscrit à l’École des arts et métiers de Montréal. C’est dans mon cours de menuiserie que j’ai découvert le dessin. J’avais déjà un talent naturel pour le dessin, mais là, j’ai découvert comment on fabriquait des plans. Je me suis perfectionné dans ce domaine. Mais, je devais aussi travailler. Alors, à 19 ans, je suis entré comme messager à Radio-Canada, alors situé sur la rue Dorchester à Montréal. Quand je suis entré pour la première fois dans un studio de télévision en 1954, on y produisait à ce moment les émissions Le Grenier aux images et Grand-père Cailloux! Ç’a été pour moi le coup de foudre! De messager, je suis devenu machiniste de plateau.»
QH - De 20 à 30 ans?
YS - «C’est à cet âge que je suis devenu peintre à l’atelier de décors de Radio-Canada. Je suis devenu rapidement artiste peintre pour Radio-Canada. Mais, c’est aussi à cette époque que j’ai travaillé au même titre pour le théâtre du Nouveau Monde, au théâtre du Rideau Vert et à l’Opéra de Montréal. C’est vraiment là que j’ai eu la piqûre pour tout ce qui tourne autour du merveilleux monde du théâtre. Ce fut pour moi une période de ma vie des plus fantastiques!»
QH - De 30 à 40 ans?
YS - «En cours du soir, je termine des études à l’École des beaux-arts et j'obtiens une bourse pour aller passer la prochaine année en Europe. Pendant un an, j’ai suivi différents cours de perfectionnement. Mes études m’ont amené à me diriger plus spécifiquement en architecture de théâtre. J’ai fait le tour de l’Europe pendant plusieurs mois, afin de visiter tout ce qu’il y avait de théâtre et produire un volumineux rapport pour le ministère des Affaires culturelles de l’époque.»
QH - De 40 à 50 ans?
YS - «À mon retour d’Europe, je me retrouve à Québec comme consultant pour la création de ce qui allait devenir le Grand théâtre de Québec. On m’a proposé aussi, à cette époque, de prendre le poste de directeur technique du Théâtre lyrique de Nouvelle-France. Comme on me proposait quelque temps plus tard le poste de directeur technique du Grand Théâtre, j’ai déménagé mes pénates à Québec. De participer à la naissance de cette institution de la culture à Québec fut pour moi une expérience extraordinaire. Puis, le Grand théâtre étant bien “lancé”, le défi devient moins important. Je décide donc de fonder ma propre compagnie de consultants en aménagement de salles de spectacles, la Société scénographique Sanche.»
QH - De 50 à 60 ans?
YS - «Ce qui a marqué cette tranche de ma vie fut le moment où j’ai produit mes premiers décors pour Georges Delisle, du Théâtre Lafenière. J’avais toujours ma piqûre pour le théâtre et malgré la somme de travail que j’avais avec ma compagnie, je me faisais plaisir à travailler dans ce théâtre d’été. C’est d’ailleurs là où j’ai connu une comédienne, Maryelle Kirouac, qui par la suite est devenue mon épouse. C’est en 1985 que Maryelle et moi avons décidé de poursuivre l’œuvre de Georges Delisle et de prendre la relève à la direction du Théâtre Lafenière. Nous avons un peu changé la formule de l’époque, afin de nous concentrer sur les auteurs et les comédiens de Québec. Depuis donc plus de 20 ans, nous réussissons tant bien que mal à maintenir à flot ce théâtre sans jamais déroger de notre mission d’aider à la diffusion sur scène de nos talents québécois.»
QH - De 60 à 70 ans?
YS - «La Société scénographique Sanche existe toujours et j’aime à me targuer d’être celui qui a dessiné le plus grand nombre de salles de spectacles au Québec. Non pas que je sois le meilleur, mais bien parce que je suis le plus vieux (rire…). C’est aussi à cette époque que nous avons rénové le Théâtre Lafenière, afin de pouvoir poursuivre nos productions. Je ne vous raconte pas ici toutes les difficultés que nous avons rencontrées et que nous vivons encore, aujourd’hui, afin de maintenir en vie le théâtre.»
QH - De 70 à …?
YS - «À 70 ans, j’arrive à la conclusion que nous ne pouvons plus opérer le théâtre. Il fallait donc que l’on ferme ou que nous obtenions de l’aide. Nous avons demandé de l’aide et il a fallu crier fort! Le CLD de Québec a pris la résolution de sauver Lafenière! C’est à bout de souffle que nous avons produit notre saison du 50e anniversaire en 2006. Notre théâtre est toujours en plan de redressement et on espère, ce n’est pas certain, que la population de Québec pourra revivre une autre saison dans son premier théâtre d’été 52 ans plus tard! Personnellement, à 73 ans, je me pose la question : est-ce que je devrai quitter Lafenière? Pourtant, je suis encore très en forme physiquement et j’ai toujours cette passion et cette foi qui m’anime. Je suis convaincu que la population ne laissera pas tomber SON théâtre d’été LAFENIÈRE!

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