Patrick Roy se plaît bien à Québec à titre d'entraîneur-chef des Remparts et il se considère privilégié de pouvoir diriger ses deux fils.
Patrick Roy : l'ex-gardien vedette de la LNH heureux derrière le banc des Remparts
Dans le cadre de mon travail quotidien, j’ai le plaisir de rencontrer régulièrement la direction et l’équipe des Remparts de Québec. Au hasard d’une de mes visites au Colisée Pepsi, Patrick Roy a gentiment accepté de faire un brin de causette avec moi malgré un horaire fort chargé. C’est dans un amphithéâtre vide, assis tous les deux dans les estrades tout près de la glace, que l'entraineur-chef a répondu à mes quelques questions. Je vous livre donc cette semaine le résultat de cette brève rencontre fort sympathique.
Québec Hebdo – Comment vit-on la transition de joueur vedette de la Ligue nationale de hockey à entraîneur d’une équipe junior à Québec?
Patrick Roy - «Je te dirais que, dans ma tête, cela s’est fait un peu avant ma retraite du hockey professionnel. Durant ma dernière saison dans la LNH, j’ai eu beaucoup de discussions avec l’organisation des Remparts. Je visionnais souvent leurs matchs et j’avais régulièrement des conversations avec l’entraîneur de l’époque, Éric Lavigne. À mon arrivée à Québec et après plusieurs rencontres avec mon ami et associé Jacques Tanguay, nous en sommes venus à la conclusion que j’occuperais le poste qui m’attirait le plus soit celui de directeur général. Je dois avouer que j’ai des partenaires extraordinaires et j’apprends beaucoup d’eux. Après quelques années à ce poste, j’ai réalisé que je m’ennuyais de l’action. Je désirais me consacrer encore davantage aux Remparts et c’est ce qui m’a amené derrière le banc.»
QH - Qu’est-ce que tu recherches le plus chez un jeune hockeyeur?
PR - «Ce que j’aime, ce sont des joueurs de caractère. Je demande à mes dépisteurs sur la route de surveiller ce type de hockeyeurs. Des joueurs qui savent relever leur jeu d’un cran, quand ils sont déficitaires au pointage. Ça prend des joueurs qui n’abandonnent pas et qui continuent à bien travailler. Je veux surtout que ces jeunes joueurs vivent une aventure extraordinaire dans le Junior et que ça leur soit profitable.»
QH - Est-ce qu’il y a beaucoup de jeunes qui peuvent espérer un jour faire le grand saut dans les ligues majeures?
PR - «Il y a quand même un bon taux de réussite. Je n’ai pas les statistiques devant moi, mais si je regarde l’édition de cette année des Remparts, je te dirais que probablement plus de 40 % des joueurs de l’équipe vont faire une carrière au niveau professionnel. Pas nécessairement dans la Ligue nationale, mais ils peuvent certainement réussir en Europe, dans la ligue américaine ou dans la East Coast Ligue... Je suis convaincu aussi qu’il y en a qui vont jouer dans la LNH. Maintenant, est-ce que ce sera leur choix? Certains opteront peut-être de poursuivre leurs études? C’est pourquoi, chez les Remparts, nous mettons beaucoup d’emphase sur l’éducation. On veut que les jeunes profitent du Junior, mais ça prend toujours un plan B. Et, pour nous, c’est l’éducation qui permettra aux jeunes joueurs de poursuivre une carrière dans un autre domaine.»
QH - C’est assez unique que de diriger ses deux fils! Comment te sens-tu devant cette situation?
PR - «Je me considère excessivement privilégié d’avoir cette opportunité. Quand j’étais dans la Ligue nationale, je voyageais beaucoup et je voyais mes enfants moins souvent. Aujourd’hui, d’être avec eux à temps plein et les voir tous les jours au Colisée, ça nous rapproche énormément. À ce sujet, j’ai eu un support extraordinaire de la part de Jacques Tanguay. Quand est venu le moment de décider si mes fils devaient "faire" le club, mes associés étaient parfaitement d’accord. Je te dirais que j’essaie tout de même de faire attention. J’ai tendance à être plus exigeant envers mes fils. J’essaie d’être juste avec tout le monde. J’ai une équipe à diriger et j’ai des partisans qui sont très loyaux envers notre organisation.»
QH - Comment réagis-tu aux nouveaux règlements sur la violence au hockey dans la LHJMQ?
PR - «En ce qui concerne les Remparts de Québec, ça n’a rien changé. On n’a jamais été une équipe qui recherchait la violence. Il y a cinq ans, on a pris un virage jeunesse et j’aime beaucoup ça. Les bagarres, ce n’est pas le genre de spectacle qu’on aime offrir aux spectateurs. Évidemment, il se peut qu’il y en ait à l’occasion, en raison de l’intensité du jeu, mais ce n’est pas ce qu’on préconise. Bien sûr, il y a eu les incidents dans la série avec Chicoutimi, mais je pense que cette rivalité était rendue trop loin pour le calibre Junior.»
QH - Je ne peux terminer cette rencontre sans te demander de me parler de ton avenir. Envisages-tu un retour dans la LNH à titre d’entraîneur-chef?
PR - «Au moment où on se parle, j’en doute. Je suis très bien dans ce que je fais actuellement. Je suis très confortable et très serein, j’aime ce que je fais. Je suis content d’être revenu à Québec et j’apprécie cette qualité de vie. Honnêtement, je serais le premier surpris de me retrouver ailleurs!»
* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)
Gerdel
Commentaire mis en ligne le 10 novembre 2008Sublime reportage! Voilà des propos qui ont le mérite de soulever un intéressant débat à poursuivre avec nos jeunes oeuvrant au sein d'équipe de hockey d'élite,au regard de leurs aspirations sportives.
J'en profite pour référer cet article dans notre portail du hockey mineur.
Merci!