Mission accomplie pour le 400e
Succès d'estime, succès de foule et succès financier, le 400e anniversaire de fondation de Québec aura été une réussite sur toute la ligne. La cité de Champlain ressort de cet exercice avec un sentiment de fierté qui rejaillit sur toute sa population et dynamise ses créateurs artistiques et ses gens d'affaires. Désormais, non seulement nous savons réaliser de grandes choses, mais nous pouvons le faire dans le respect des budgets publics importants qui y sont alloués. Voilà du moins la première impression que laisse le bilan financier préliminaire présenté cette semaine.
Si l'échec des fêtes de Québec 1634-1984 est désormais effacé pour laisser place à des souvenirs de célébrations beaucoup plus heureux, on peut certes donner un grand coup de chapeau au comité organisateur des célébrations du 400e de Québec. Il faut être reconnaissant envers son président, Jean Leclerc, son directeur général, Daniel Gélinas, ainsi que toute leur équipe de collaborateurs aussi bien actuels que passés. L'époque de la chasse aux sorcières menée lors des ratés du départ étant chose du passé, il faut saluer la contribution de chacun des acteurs de cette grande aventure, qui s'avérera un baume énergisant sur notre réputation de ville fermée et peu outillée pour se démarquer.
Comme l'explique le collègue François Simard dans son compte-rendu du bilan des célébrations publié en page 3, les commandites et revenus d'exploitation plus élevés ont valu à la Société du 400e un ajout de 4 M$ au budget initial de 90 M$. Cette somme a permis de bonifier la programmation et d'assurer la gratuité de grands événements ajoutés ou prolongés en cours de route. Comme on l'évoquait plus haut, le succès financier du 400e a donc été à la hauteur de son succès populaire. Une fois toutes les dépenses comptabilisées, y compris un montant de 1,5 M$ prévu pour mettre le point d'orgue à cette année mémorable par un spectacle de clôture, la Société boucle son budget avec dans ses coffres un coussin de près de 1 M$. Il se pourrait même qu'il y ait des ristournes de subventions aux divers paliers de gouvernements, qui ont par ailleurs déjà engrangé d'importantes sommes en taxes à la consommation de toutes sortes.
La mémoire collective de la région de Québec retiendra que 2008 aura été un tournant dans son développement et la gestion de son avenir. Les acteurs d'ici n'ont plus à subir les regards hautains de l'extérieur et se hissent au même niveau de compétence et de savoir-faire que les autres grandes villes du pays, aussi bien que du continent et du globe entier. Fini le sentiment d'infériorité. Outre l'embellissement de son image par l'ajout de legs permanents comme la promenade Samuel-De Champlain, la nouvelle agora du Vieux-Port et le réaménagement des battures de Beauport, l'année du 400e de Québec pourrait même marquer l'amorce d'une «révolution tranquille» locale dans la confiance en nos capacités, qui pavera la voie à des horizons prometteurs.
Le poids du doute en moins, on sent déjà que les réalisations estivales comme les événements Rencontres, Moulin à Images et Chemin qui marche, ainsi que les spectacles grandioses de Paul McCartney et Céline Dion, donnent des ailes aux acteurs de la Capitale. À preuve, des projets autrefois timidement défendus ou abandonnés reprennent vie ces jours-ci. C'est le cas pour la construction d'un nouveau Colisée, aussi bien que pour la tenue des Jeux olympiques d'hiver. Bien que le scepticisme d'antan ait parfois tendance à remonter dans le discours d'éternels pessimistes, il faut reconnaître et se féliciter du fait qu'une communauté qui a des rêves et de l'ambition pour les exaucer est une communauté vivante et tournée vers l'avenir. Que ceux qui craignent pour la bonne utilisation des deniers publics se rassurent. Au même titre qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, on ne crée pas de richesse sans en investir préalablement…