L’animateur de l’atelier interactif, Vincent Deslauriers, sait de quoi il parle quand il parle de prendre sa place comme jeune dans la démocratie. Il a été le plus jeune candidat à la mairie de Québec lors des dernières élections municipales.(Photos Eric Boucher)
«Démocratie en route» à l’école secondaire de Vanier
Exposition itinérante sur la démocratie à la rencontre des jeunes du Québec
Quelques jours seulement après une élection fédérale qui a connu un des plus bas taux de participation de l’histoire canadienne, l’unité mobile interactive, démocratie en route, prend le chemin au Québec pour aller à la rencontre de ceux qui exercent le moins leur droit de vote: les jeunes.
L’exposition itinérante réalisée par le Musée de la civilisation en collaboration avec le Directeur général des élections du Québec entreprend une tournée de 53 écoles secondaires, collèges et cégeps des différentes régions du Québec au cours des deux prochaines années.
Inspirée de l’exposition Vox populi, présentée au Musée de la civilisation entre 2005 et 2007, l’unité mobile débutait dans la région de Québec sa tournée panquébécoise. Elle était de passage à l’école secondaire Vanier la semaine dernière. Dans une classe de secondaire 5, de ceux qui formeront les électeurs de demain d’ici deux ans, moins de la moitié de la classe lèvera la main lorsqu’on leur demande s’ils auraient exercé leur droit de vote s’ils en avaient eu le droit à la dernière campagne électorale fédérale.
Ils se sont peu intéressés à la campagne, l’ont peu suivi à quelques exceptions près. Pourquoi? Coralie évalue qu’à la télé « ils ont tous l’air de crosseurs.»
Une chose est sûre c’est que, pour eux, la génération de politiciens actuels semblent complètement déconnectés de leur réalité. «Si par l’établissement de la représentation proportionnelle, vous aviez la possibilité de voter et faire élire des candidats qui vous ressemblent un peu plus. Voteriez-vous alors?» La réponse est unanime.
Les jeunes de secondaire 5 sont assez éloquents quand vient le temps de dénoncer le discours des politiciens actuels, mais quand vient le temps d’énoncer clairement ce qui les préoccupe et ce qu’ils aimeraient entendre, ils sont beaucoup plus flous. L’environnement viendrait toutefois certainement en tête de liste.
L’objectif de la tournée est de faire comprendre ce qu’est la démocratie, faire réaliser au jeune son pouvoir démocratique, susciter chez lui la volonté d’exercer ce pouvoir et l’inviter à s’engager dans la vie démocratique.
«L’exposition fait la promotion de l’engagement citoyen et l’engagement citoyen ce n’est pas que le vote, explique France Gagnon, conceptrice et réalisatrice de l’exposition itinérante. Des études démontrent que les citoyens engagés ont plus tendance à voter. Il y a plusieurs manières de s’engager en société: participer à des conseils d’administration, à la fondation d’un syndicat, faire parti d’une coopérative, participer à des conseils étudiants, etc.».
D’entrée de jeu, l’espace découverte établit le lien entre la politique et le vote. On y explore aussi les multiples dimensions d’une société démocratique.
Dans un deuxième temps, on découvre que la liberté et l’égalité sont deux valeurs fondamentales de toutes les sociétés démocratiques. On y aborde la liberté de presse et le droit à l’information, la liberté d’opinion et le droit d’association, et l’égalité. Des valeurs qui ne sont pas en vigueur partout dans le monde. Censure, convergence des médias, contrôle de l’information, inégalités... sont abordés. «Peut-être qu’ici aussi les médias nous racontent n’importe quoi et qu’on nous cache des choses?», questionnera une Roxanne, critique, lors de l’atelier.
Dans une troisième section, le jeune est invité à chercher, autour de lui, les occasions de s’investir dans la construction de sa propre société. Divers exemples de jeunes sensibilisés et engagés dans leur milieu peuvent devenir des sources d’inspiration.
«Si la démocratie est une valeur fondamentale, son exercice évolue au fil du temps et dépasse aujourd’hui celui d’élire un gouvernement représentatif. Elle n’est possible et vivante qu’animée par des citoyens convaincus des droits qu’ils possèdent et des responsabilités sociales qui leur incombent», estime la directrice générale du Musée de la civilisation, Claire Simard.
La rencontre de jeunes, un peu partout au Québec, aurait été une belle occasion de prendre leur pouls, de questionner leur désintéressement de la politique et leur si faible taux de participation (40% pour les 18-24 ans) aux élections. «Non ce n’est pas un des objectifs officiels de la tournée que d’écouter ce que les jeunes ont à dire de notre démocratie», répond visiblement mal à l’aise Michel Leclerc, responsable des programmes d’éducation au bureau du Directeur général des élections du Québec. Les jeunes peuvent s’y exprimer à différents endroits, mais une analyse exhaustive de leurs commentaires n’est pas prévue.»